«Tout ce que vous devez savoir sur le réchauffement climatique en 5 minutes»
Jeremy Grantham, président de GMO, est un des gestionnaires de fonds commun de placement les plus respectés aux États-Unis. Dans sa lettre trimestrielle parue en juillet 2010, il aborde la question des changements climatiques de façon concise et directe, n’hésitant pas dénoncer certains comportements que l’on associe souvent au milieu des affaires. Il affirme d’ailleurs que le réchauffement climatique constitue le problème le plus sérieux auquel nous sommes confrontés. Le message n'est pas nouveau, mais il vient cette fois d'un financier et un gestionnaire d'expérience qui gère plusieurs dizaines de milliards de dollars. Preuve que l’urgence et l’importance d’agir commencent à être partagées même dans le monde des affaires et de la finance.
La quantité de dioxyde de carbone (CO₂) dans l'atmosphère, après avoir été relativement stable pendant plusieurs centaines de milliers d’années, a commencé à s'accroître avec l’avènement de la Révolution industrielle. Elle a depuis augmenté de presque 40 % et continue d’augmenter chaque année. Ceci est certain, un fait clairement établi.
Une des propriétés du CO₂ est qu'il crée un effet de serre et, toutes choses étant égales par ailleurs, une hausse de sa concentration dans l'atmosphère fait augmenter la température de la Terre. Ceci est de la simple physique, scientifiquement prouvée. (Les quantités d'autres gaz à effet de serre dans l'atmosphère, comme le méthane, ont également augmenté fortement avec l'industrialisation, ce qui ne fait qu’ajouter à l'impact du niveau plus élevé de CO₂.)
Plusieurs autres facteurs, comme les changements d’intensité du rayonnement solaire, ont une influence importante sur le climat sur des milliers d’années. Ces facteurs ont effectivement été observés et mesurés. À eux seuls cependant, ils ne peuvent pas expliquer l'augmentation de la température globale des 50 dernières années.
Des incertitudes surviennent lorsque l’on considère comment les gaz à effet de serre et les autres facteurs interagissent dans notre système climatique complexe. Il est impossible d'être sûr de la vitesse exacte de la hausse de la température ou de combien précisément elle augmentera. Toutefois, le passé peut être mesuré. La température a effectivement été en hausse progressive au dernier siècle, au cours duquel les niveaux de gaz à effet de serre ont augmenté. Mais les prévisions varient toujours très largement quant à ce que nous réserve l'avenir, allant d’une petite hausse, mais tout de même potentiellement dommageable d’un degré Celsius, à un niveau potentiellement désastreux de 3 à 6 degrés à la fin de ce siècle. Une atmosphère plus chaude fait fondre des glaciers et la couverture de glace du Groenland, provoquant une hausse du niveau des océans. Une atmosphère plus chaude contient aussi plus d'énergie et sera chargée de plus de vapeur d'eau, augmentant la fréquence des tempêtes, inondations et d'autres événements météorologiques extrêmes.
Les climato-sceptiques soutiennent que cette incertitude quant à l’amplitude des changements futurs de température diminue le besoin d'agir : « pourquoi gaspiller l'argent quand vous n'êtes pas certains ? » Comme les coûts potentiels peuvent atteindre des niveaux gigantesques selon certains scénarios de prévision, une plus grande étendue de scénarios possibles signifie que les risques sont encore plus grands, d’où l’importance de s’en prémunir. C'est logiquement et mathématiquement rigoureux, bien que certains le contestent.
Le philosophe, physicien et mathématicien Blaise Pascal posa la question : « quelle est la valeur attendue (l'espérance mathématique) d'une très petite chance d'une perte infinie ? » Et il répondit : « l’infini ». Maintenant, quel serait le coût d’une réduction des émissions de CO₂ suffisante afin que l'effet de la hausse à long terme des températures soit limité? Ce prix serait à peu près égal, pour une unique et seule fois dans notre vie, à sacrifier six mois à un an de croissance économique globale; de 2 % à 4% ou moins. Les avantages, même si nous nous trompions sur l’importance du réchauffement climatique, incluraient : une plus grande indépendance énergétique face au Moyen-Orient; plus d'emplois, car les énergies éoliennes et solaires ainsi que les programmes d'efficacité énergétique créent davantage d’emplois que les centrales thermiques au charbon; un meilleur environnement avec moins de pollution de l’eau et de l’air; le développement d’une position de leadership pour notre pays dans des industries qui seront à la fine pointe et qui deviendront inévitablement importantes dans les années à venir. Inversement, le coût de l’inaction et d’un refus de prendre des mesures de prévention avant que la situation ne se détériore sérieusement pourrait être très élevé et inclure une déstabilisation politique probable causée par des sécheresses, la famine, des migrations massives de populations et même la guerre. Et comme l’exprimait Pascal, à la pointe extrême de la distribution de tous les scénarios possibles existe une possibilité réelle que l’on subisse un changement de vie radical, un changement qui pourrait même menacer la vie.
Le plus grand coût d'entre tous, conséquence du réchauffement global de la planète, sera probablement la perte grandissante de la biodiversité. Cela ne figure nulle part dans les analyses économiques de coût-bénéfice car, il ne faut pas s’en surprendre, il est extrêmement difficile de mettre un prix sur quelque chose d’inestimable.
Un mot spécial sur les groupes de pression de droite, les «think tanks». Comme les ultralibéraux, ils détestent voir les gouvernements dépenser ou même assumer un rôle de leadership qu’il considère préférable de laisser aux entreprises privées. En général, cela peut être une idée excellente. Mais le réchauffement climatique constitue un exemple classique de la tragédie des biens communs (voir la capsuleÉconomie et environnement : La tragédie des biens communs, à la fin du texte). La recherche de notre propre avantage individuel, pour une fois, peut être contraire à l'intérêt commun, de sorte que le problème nécessite désespérément un fort leadership gouvernemental et une réglementation essentielle. Réalisant cela, les «think tanks» ont décidé, malgré tout, de poursuivre leur agenda au détriment et même en combattant la science. Ce n’est jamais une bonne idée.
J’aimerais également m’adresser à mon propre groupe, le milieu financier (dont une large partie des membres croient habituellement que ce qui fait consensus est erroné, car au chapitre des prévisions économiques ce qui fait consensus ne se réalise que très rarement). Chers collègues «contrarians», je sais comme vous que la majorité des investisseurs se trompe habituellement dans la jungle du marché boursier. Et Dieu sait que nous en avons vu des pseudoscientifiques avancer des théories financières les plus diverses sur les comportements, les attentes rationnelles et l’efficience du marché. Mais le réchauffement climatique est différent. Il repose sur des sciences pures, solides et bien établies. Les deux bastions les plus prestigieux de la science sont l’Académie nationale des sciences, aux États-Unis et la Société Royale au Royaume-Uni. Les présidents des deux sociétés ont écrit une note récemment, insistant sur le sérieux du problème des changements climatiques, un problème ont-ils rappelé, causé par l’activité humaine. Ces deux sociétés viennent également de publier des rapports complets, au nom de tous leurs membres et affirmant la même chose. Croyons-nous sérieusement que toute l'élite scientifique au complet fait partie d’une vaste conspiration? À un point dans le développement d'une vérité scientifique, les «contrarians» risquent de devenir comme les membres de l’ordre de la Terre plate!
Les théoriciens de la conspiration prétendent que le réchauffement climatique est un canular soigneusement construit par les scientifiques pour des raisons ... insolites. (…) J'ai plutôt une « théorie de la conspiration » beaucoup plus simple et plausible: des entreprises productrices d'énergie fossile, motivées par le besoin de protéger des centaines de milliards de dollars de profits, encouragent la contestation et la négation de conclusions scientifiques qui les dérangent [1].
Pourquoi autant de contestations et de débats sur cette question des changements climatiques? Remettre en cause les intérêts privés de lobbies aussi puissants que ceux des grandes pétrolières et de l’industrie du charbon ne constitue pas une mince tâche. Les scientifiques ne sont pas naturellement des défenseurs agressifs de leurs convictions et de leurs arguments. Bref, ils sont conservateurs par formation: ils ont appris à ne jamais exagérer leurs idées ou opinions. Les sceptiques sont beaucoup plus, et de loin, déterminés et experts dans l’art de la propagande. Ils sont aussi bien financés. Le fait que le tabagisme provoque le cancer a été caché et combattu efficacement par l’industrie pendant plus de 20 ans, causant des centaines de milliers de morts supplémentaires. Nous le savons à coup sûr maintenant, bien que ceux qui ont provoqué ce retard fatal n’aient jamais été tenus responsables. Les profits provenant du pétrole et l'industrie du charbon sont tellement grands que les ressources de l’industrie du tabac semblent dérisoires à côté; de simples erreurs d'arrondissement. Dans quelques cas remarquables, les plus ardents détracteurs du réchauffement climatique vont jusqu’à utiliser les mêmes “ experts ” que ceux utilisés jadis par l'industrie du tabac! La motivation simple et directe de ces détracteurs : faire beaucoup d'argent à court terme en exploitant au mieux les ressources à leur disposition et leurs talents de propagandiste. J’admire personnellement leur grande habileté en ce qui a trait aux relations publiques, mais en même temps je me demande toujours : « n’ont-ils pas de petits-enfants? »
Presque personne ne veut changer. Le statu quo établi depuis longtemps est très confortable et nous sommes habitués à toutes ses déficiences. Mais pour résoudre ce problème, nous devons changer. Ce n'est jamais facile.
À peu près tout le monde veut entendre de bonnes nouvelles. Tous aimeraient bien croire que le dangereux réchauffement climatique n’est qu’un canular. Ils aimeraient donc désespérément croire les sceptiques. C'est un problème qui nous concerne tous.
Fin de la traduction
Capsule Économie et environnement : La tragédie des biens communs
La tragédie des biens communs, ce n’est pas du théâtre même si elle réfère à un scénario aux airs de déjà-vu, au déroulement prévisible et à l’issue malheureuse et dramatique. Non, il s’agit plutôt d’une expression utilisée pour la première fois par Garrett Hardin dans un article de la revue Science en 1968 (disponible ici…), afin de décrire un phénomène social et économique selon lequel une dégradation de l’environnement survient lorsque de nombreux individus utilisent de façon libre (gratuitement et sans restriction) une ressource commune limitée. L’issue est inévitable, la nature humaine étant ce qu’elle est : chaque individu a un intérêt personnel à utiliser au maximum la ressource commune afin de maximiser le bénéfice qu’il peut en tirer.
Afin d’illustrer ce phénomène, Hardin prit l’exemple d’un pâturage commun partagé par tout un village et dans lequel plusieurs éleveurs vont faire paître leurs troupeaux. Tous les éleveurs savent fort bien que si le nombre de bêtes augmente trop, l’herbe se fera plus rare au point où tout élevage deviendra impossible. Cependant, chaque éleveur tire entièrement à son compte les bénéfices de son propre troupeau. De son côté, le coût lié à la rareté de l’herbe est partagé par l’ensemble des éleveurs.
Comme il y a partage de coût, mais pas de partage de bénéfice, chaque éleveur a intérêt, malgré tout, à accroître son propre troupeau. Plus il accroît le nombre de bêtes, plus il aura de bénéfice. Chaque individu ne considère que ses propres coûts et ses propres bénéfices, en se convainquant que ses actions n’ont pas d’impact significatif sur le niveau global des ressources. Ce comportement peut sembler rationnel pour chaque éleveur individuel, il conduit toutefois à une réduction croissante de l’herbe disponible pour tous, jusqu’à la disparition totale de la ressource commune. Quelle tragédie!
Il s’agit d’une situation classique qui nécessite une forme de régulation par une autorité commune reconnue, un gouvernement par exemple, afin de fixer, pour le bien commun de tous les participants actuels ainsi que pour les générations futures, une limite aux droits individuels (sous forme de quota, de norme, de règlement ou de redéfinition des droits d'usage et/ou de propriété) quant à l’exploitation permise d’une ressource collective qui doit être partagée équitablement avec toute la communauté. Ce phénomène ne se limite pas à l’élevage et aux régions rurales. Les exemples sont nombreux. La surexploitation des pêcheries en zones internationales des océans en est un exemple frappant, tout comme la surexploitation des forêts publiques.
Et il en est de même pour les gaz à effet de serre. Nous tirons tous bénéfices, confort et avantages de l’utilisation des énergies fossiles à faible coût. La plupart d’entre nous savent qu’il faudrait cependant, pour le bien de la planète et des générations nouvelles, en limiter l’usage au minimum. Mais à défaut de nouvelles règles claires et normes strictes imposées à tous, nous nous disons que nos gestes et nos propres émissions sont, somme toute, peu significatives…Ce type de problème nécessite désespérément un fort leadership gouvernemental et une réglementation essentielle, pour le bien de tous.
Jeremy Grantham, Everything You Need to Know About Global Warming in 5 Minutes, paru dans GMO - Quarterly Letter, July 2010 p.7 (voir texte intégral repris ici...)Si vous vous intéressez à l'économie en général, aux placements et aux grands défis sociaux-économiques auxquels nous devons faire face, l'ensemble du bulletin trimestriel présente une analyse et un regard critique des plus intéressants.
[1] Un petit exemple parmi d'autres, appuyant la « théorie » de Jeremy Grantham et toujours d'actualité, un article du journal The Times du 19 juillet 2010 (abonnement requis) rapporte que Exxon finance toujours des organisations niant l’existence ou l’importance des changements climatiques «Exxon still aids climate sceptics». L’article, également publié par le journalThe Australian, (disponible ici...)est largement repris et commenté par Brendan Demelle,«ExxonMobil Gave $1.5M to Climate Denier Groups Last Year, Breaking Its Pledge To Stop Funding Denial Machine »sur le siteDesmogblog.com, Clearing the PR Pollution that Clouds Climate Science. Soulignons que Exxon a tout à fait le droit de financer qui ils veulent bien, du moment que ce soit fait ouvertement et qu'ils n'affirment surtout pas le contraire.
Bontems P. et Rotillon G.(2007). L'économie de l'environnement, troisième édition, collection Repères, La Découverte, 119p. Voir chapitre 1: L'approche économique de l'environnement et les pages 12 à17 concernant la tragédie des biens communs.
Pourquoi ne pas remplacer Kyoto par une taxe carbone mondiale?
Débat et opinion:
Compte tenu de la difficulté à s'entendre sur l'imposition de cibles de réduction d'émissions de GES pour chaque pays, pourquoi ne pas plutôt fixer un prix sur le carbone à travers une taxe mondiale?
C'est l'idée qu'avait lancée, au printemps 2009, l'économiste de réputation mondiale William Nordhaus, professeur à l'Université Yale aux États-Unis. Cette approche a été relancée par l'ancien ministre de l'Environnement canadien, Stéphane Dion, au moment où les difficiles négociations à Durban tiraient à leur fin.
« Miser [l'avenir] du système climatique mondial sur l'approche de Kyoto est un pari imprudent » avait affirmé William Nordhaus à Copenhague, lors d'une conférence sur les changements climatiques. « La taxation est un instrument éprouvé. Les taxes sont sans doute impopulaires, mais elles fonctionnent » selon ce dernier, des propos rapportés par Oliver Tickell, dans The Guardian (1) .
Il suggérait qu'une taxe carbone appliquée aux combustibles fossiles et aux transports serait simple et efficace. « Cela établirait un prix au carbone sur lequel on pourrait compter et qui créerait les incitations nécessaires au changement vers une économie sobre en carbone ». Initialement une taxe carbone affecterait les producteurs, mais comme le signal prix est passé à travers l'économie, tous les acteurs, individus et entreprises, chercheraient à réduire leur consommation par des mesures d'efficacité énergétique et favoriseraient les énergies renouvelables afin d'échapper à la taxe.
L'économiste de Cambridge, le professeur Michael Grubb, était d'accord : il n'y a aucun doute que les gouvernements répondront beaucoup mieux au changement climatique s'ils croient qu'une taxe carbone substantielle devra bientôt être payée par chacun, rapportait The Guardian.
On retrouve même des gens d'affaires d'accord avec l'idée d'une taxe carbone, à condition, selon eux, que l'on réduise d'autres taxes en contrepartie. Rex W. Tillerson, président du conseil et chef de la direction d'Exxon Mobile Corporation, lors d'un discours à Washington le 8 janvier 2009, affirmait d'ailleurs : « Une taxe carbone est une approche plus directe, plus transparente et plus efficace. » (...) « Une taxe carbone est aussi le moyen le moins cher de refléter le coût du carbone dans toutes les décisions économiques »..."
« Finalement, il y a un autre avantage potentiel à une taxe directe. Une taxe carbone pourrait être mieux appropriée afin de fixer un standard uniforme de façon à tenir tous les pays responsables, ce qui est un point important » affirmait alors M. Tillerson. (2) [notre soulignement]
Stéphane Dion propose une autre voie
L'ancien ministre canadien de l'environnement, Stéphane Dion, a également fait part de ses doutes à l'égard du processus de négociation actuel. Il n'y aurait plus de progrès possible sur la voie actuelle, qui est d'imposer par pays des plafonds aux émissions de gaz à effet de serre (GES), rapportait le journaliste Charles Côté, dans La Presse de samedi.(3)
«Il y a de plus en plus de gens qui disent comme moi que les Chinois accepteraient bien plus volontiers un prix mondial sur le carbone et que cela soit intégré aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, dit M. Dion en entrevue à La Presse. C'est beaucoup plus envisageable que de leur faire accepter une cible absolue, à cause du fait que leur économie croît de 10 % par année.»
Un prix mondial sur le carbone influencerait les choix énergétiques sans nuire à la compétitivité des pays entre eux, dit M. Dion.
Une solution simple et responsable
Ainsi, chaque pays devrait s'engager à imposer une taxe carbone d'un montant minimal, suffisant et uniforme, négocié par la communauté internationale. Libre à chacun des États de réduire d'autres taxes et impôts touchant les particuliers ou ses entreprises. Si un État refusait cependant d'imposer une telle taxe carbone, ses voisins et partenaires pourraient décréter des tarifs compensatoires sur toutes ses exportations de manière à ce qu'il ne bénéficie d'aucun avantage compétitif.
Dans les pays développés, une portion de cette taxe pourrait servir à contribuer à un fonds vert, lequel permettrait de financer des projets de développement d'énergie renouvelable dans les pays les plus pauvres, ainsi que des mesures d'adaptation aux changements climatiques pour les populations les plus menacées. Bref, il s'agit d'une solution aux principes et aux mécanismes d'application relativement simples.
Polluer, émettre des GES, a un coût et a des conséquences graves pour toute la société, des conséquences qui augmentent avec chaque décennie qui passe. Il est important, et même urgent, que l'on inclue ce coût réel dans toutes les décisions économiques, de consommation ou d'investissement.
C'est une simple question de responsabilité et d'équité face aux jeunes générations qui nous suivent. Attendre encore et leur refiler le problème n'est tout simplement pas une solution.