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Tempête de neige et changement climatique

Alors que la capitale fédérale américaine, à Washington, peine à se remettre de tempêtes ayant laissé près de 55 pouces (ou 1,4 m.) de neige en quelques jours, une blague facile revient sans cesse : « Voilà pour le réchauffement climatique! » Cette boutade circule au moment même où le Sénat américain se penche, avec une certaine résistance, sur un projet voulant préciser un plan de lutte aux changements climatiques.



Si la Terre se réchauffe, comment expliquer autant de neige?

Crédit-photo: The LA Times - photo de J. Scott Applewhite, Associated Press / February 12, 2010
Crédit-photo: The LA Times - photo de J. Scott Applewhite, Associated Press / February 12, 2010
La neige et le réchauffement planétaire ne sont pas mutuellement exclusifs, expliquent les climatologues. Pour commencer, l'ampleur du réchauffement enregistré au cours du siècle dernier, environ 0,7 degré C au-dessus des niveaux préindustriels, est loin d'être suffisant pour éradiquer l’hiver dans l'Atlantique Nord.

Aussi, la météo est variable et le restera; la planète connaîtra des hauts et des bas avec ou sans une tendance au réchauffement global.

Et en ce qui concerne la neige récente, à Washington, elle est tombée sans qu’il ne fasse si froid; entre -6 et +4 degrés C environ. La température moyenne à Washington en janvier, selon le National Climatic Data Center, était d'environ un degré plus chaud que la moyenne des 40 dernières années.

En fait, l’augmentation des chutes de neige correspond à un modèle proposé par les différents modèles climatiques, selon lequel la hausse des températures devrait conduire à plus d'évaporation.

Or, les spécialistes du climat constatent que la quantité d'humidité dans l'atmosphère a effectivement augmenté. Ceci apportera donc, en certaines régions, plus de pluie dans des conditions plus chaudes et plus de neige à des températures sous le point de congélation. Car, "il suffit d'avoir une masse d'air froid qui rencontre une masse d’air humide " pour faire de la neige, a déclaré Jay Gulledge, scientifique principal pour le Pew Center on Global Climate Change.

Tiré d'un article de Jim Tankersley, à lire dans The Los Angeles Times…


Évidemment, le même type de questions a animé un débat très partisan à Washington, rapporte le New York Times. Dans son article, htmlspecialchars_decode('«') Climate-Change Debate Is Heating Up in Deep Freeze htmlspecialchars_decode('«'), John M. Broder précise que selon les scientifiques du climat, aucun épisode de température sévère ou extrême ne peut être attribué directement à la tendance au réchauffement climatique global.

Il cite Jeff Masters, un météorologue qui écrit sur le blogue Weather Underground. Selon ce dernier, les récentes tempêtes de neige ne peuvent, par eux-mêmes, démontrer quoi que ce soit quant à la tendance climatique à long terme de la planète. Le climat , par définition, se mesure sur des décennies et des siècles.

Mais M. Masters a également déclaré que les études universitaires et gouvernementales avaient toujours prédit une fréquence accrue de ce genre de tempêtes records, parce que l'air chaud transporte plus d'humidité. Cependant, on ne peut et on ne devrait jamais relier un événement météorologique particulier au réchauffement climatique.

À lire dans le The NY Times...


Réal Trépanier
Lundi 15 Février 2010



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