C'est l'idée qu'avait lancée, au printemps 2009, l'économiste de réputation mondiale William Nordhaus, professeur à l'Université Yale aux États-Unis. Cette approche a été relancée par l'ancien ministre de l'Environnement canadien, Stéphane Dion, au moment où les difficiles négociations à Durban tiraient à leur fin.
« Miser [l'avenir] du système climatique mondial sur l'approche de Kyoto est un pari imprudent » avait affirmé William Nordhaus à Copenhague, lors d'une conférence sur les changements climatiques. « La taxation est un instrument éprouvé. Les taxes sont sans doute impopulaires, mais elles fonctionnent » selon ce dernier, des propos rapportés par Oliver Tickell, dans The Guardian (1) .
« Miser [l'avenir] du système climatique mondial sur l'approche de Kyoto est un pari imprudent » avait affirmé William Nordhaus à Copenhague, lors d'une conférence sur les changements climatiques. « La taxation est un instrument éprouvé. Les taxes sont sans doute impopulaires, mais elles fonctionnent » selon ce dernier, des propos rapportés par Oliver Tickell, dans The Guardian (1) .
L'économiste de l'université Yale, William Nordhaus à Copenhague, au sujet d'une taxe carbone: " ... cela créerait l'incitatif que nous avons besoin afin de transformer notre économie vers une économie à faible intensité carbone"
Il suggérait qu'une taxe carbone appliquée aux combustibles fossiles et aux transports serait simple et efficace. « Cela établirait un prix au carbone sur lequel on pourrait compter et qui créerait les incitations nécessaires au changement vers une économie sobre en carbone ». Initialement une taxe carbone affecterait les producteurs, mais comme le signal prix est passé à travers l'économie, tous les acteurs, individus et entreprises, chercheraient à réduire leur consommation par des mesures d'efficacité énergétique et favoriseraient les énergies renouvelables afin d'échapper à la taxe.
L'économiste de Cambridge, le professeur Michael Grubb, était d'accord : il n'y a aucun doute que les gouvernements répondront beaucoup mieux au changement climatique s'ils croient qu'une taxe carbone substantielle devra bientôt être payée par chacun, rapportait The Guardian.
L'économiste de Cambridge, le professeur Michael Grubb, était d'accord : il n'y a aucun doute que les gouvernements répondront beaucoup mieux au changement climatique s'ils croient qu'une taxe carbone substantielle devra bientôt être payée par chacun, rapportait The Guardian.
On retrouve même des gens d'affaires d'accord avec l'idée d'une taxe carbone, à condition, selon eux, que l'on réduise d'autres taxes en contrepartie. Rex W. Tillerson, président du conseil et chef de la direction d'Exxon Mobile Corporation, lors d'un discours à Washington le 8 janvier 2009, affirmait d'ailleurs : « Une taxe carbone est une approche plus directe, plus transparente et plus efficace. » (...) « Une taxe carbone est aussi le moyen le moins cher de refléter le coût du carbone dans toutes les décisions économiques »..."
« Finalement, il y a un autre avantage potentiel à une taxe directe. Une taxe carbone pourrait être mieux appropriée afin de fixer un standard uniforme de façon à tenir tous les pays responsables, ce qui est un point important » affirmait alors M. Tillerson. (2) [notre soulignement]
« Finalement, il y a un autre avantage potentiel à une taxe directe. Une taxe carbone pourrait être mieux appropriée afin de fixer un standard uniforme de façon à tenir tous les pays responsables, ce qui est un point important » affirmait alors M. Tillerson. (2) [notre soulignement]
Stéphane Dion propose une autre voie
Stéphane Dion, ancien ministre de l'Environnement du Canada de 2004 à 2006
L'ancien ministre canadien de l'environnement, Stéphane Dion, a également fait part de ses doutes à l'égard du processus de négociation actuel. Il n'y aurait plus de progrès possible sur la voie actuelle, qui est d'imposer par pays des plafonds aux émissions de gaz à effet de serre (GES), rapportait le journaliste Charles Côté, dans La Presse de samedi.(3)
«Il y a de plus en plus de gens qui disent comme moi que les Chinois accepteraient bien plus volontiers un prix mondial sur le carbone et que cela soit intégré aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, dit M. Dion en entrevue à La Presse. C'est beaucoup plus envisageable que de leur faire accepter une cible absolue, à cause du fait que leur économie croît de 10 % par année.»
Un prix mondial sur le carbone influencerait les choix énergétiques sans nuire à la compétitivité des pays entre eux, dit M. Dion.
«Il y a de plus en plus de gens qui disent comme moi que les Chinois accepteraient bien plus volontiers un prix mondial sur le carbone et que cela soit intégré aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, dit M. Dion en entrevue à La Presse. C'est beaucoup plus envisageable que de leur faire accepter une cible absolue, à cause du fait que leur économie croît de 10 % par année.»
Un prix mondial sur le carbone influencerait les choix énergétiques sans nuire à la compétitivité des pays entre eux, dit M. Dion.
Une solution simple et responsable
Ainsi, chaque pays devrait s'engager à imposer une taxe carbone d'un montant minimal, suffisant et uniforme, négocié par la communauté internationale. Libre à chacun des États de réduire d'autres taxes et impôts touchant les particuliers ou ses entreprises. Si un État refusait cependant d'imposer une telle taxe carbone, ses voisins et partenaires pourraient décréter des tarifs compensatoires sur toutes ses exportations de manière à ce qu'il ne bénéficie d'aucun avantage compétitif.
Dans les pays développés, une portion de cette taxe pourrait servir à contribuer à un fonds vert, lequel permettrait de financer des projets de développement d'énergie renouvelable dans les pays les plus pauvres, ainsi que des mesures d'adaptation aux changements climatiques pour les populations les plus menacées. Bref, il s'agit d'une solution aux principes et aux mécanismes d'application relativement simples.
Dans les pays développés, une portion de cette taxe pourrait servir à contribuer à un fonds vert, lequel permettrait de financer des projets de développement d'énergie renouvelable dans les pays les plus pauvres, ainsi que des mesures d'adaptation aux changements climatiques pour les populations les plus menacées. Bref, il s'agit d'une solution aux principes et aux mécanismes d'application relativement simples.
Polluer, émettre des GES, a un coût et a des conséquences graves pour toute la société, des conséquences qui augmentent avec chaque décennie qui passe. Il est important, et même urgent, que l'on inclue ce coût réel dans toutes les décisions économiques, de consommation ou d'investissement.
C'est une simple question de responsabilité et d'équité face aux jeunes générations qui nous suivent. Attendre encore et leur refiler le problème n'est tout simplement pas une solution.
C'est une simple question de responsabilité et d'équité face aux jeunes générations qui nous suivent. Attendre encore et leur refiler le problème n'est tout simplement pas une solution.
Références : Pour en savoir plus sur le sujet...
(1) À lire dansThe Guardian du 12 mars 2009, un article d'Oliver Tickell : « Replace Kyoto protocol with global carbon tax, says Yale economist »
(2) Discours de Rex W. Tillerson, Chairman and CEO, Exxon Mobile Corporation, Washington 8 janvier 2009, « Strengthening global energy security »
(3) À lire dans La Presse du 10 décembre 2011, un article de Charles Côté : « Stéphane Dion propose une autre voie »
et sur le même sujet: La taxe carbone : un outil simple et économique












