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Le déni des changements climatiques devient plus difficile à justifier


Éditorial du Washington Post, 15 mai 2011 (Traduction libre)

« Le changement climatique est en cours, il est très probablement causé par les activités humaines et il pose des risques importants pour un grand nombre de systèmes naturels ainsi que pour les êtres
humains.
»

C'est ce que dit - en réponse à une demande du Congrès - le Conseil national de recherche de l'Académie nationale des sciences, soit l'institution par excellence du pays, en raison de ses compétences, pour fournir des conseils scientifiques aux législateurs.



Le déni des changements climatiques devient plus difficile à justifier
Dans un rapport intitulé « Climat, le choix de l'Amérique », un panel de scientifiques et d'experts de la politique conclut également que les risques de l'inaction dépassent de loin les risques ou les inconvénients de l'action . Et l’action la plus judicieuse et urgente, dit le panel, est de mettre un prix, allant en augmentant, sur les émissions de carbone, par le biais d'une taxe sur le carbone ou d’un système de plafonnement et échange (cap-and-trade). Cela encouragerait l'innovation, la recherche et entraînerait un abandon graduel de l'utilisation des sources d'énergie (pétrole, gaz et charbon) qui mettent en danger le monde.

Rien de tout cela ne devrait constituer une surprise. Rien de cela ne représente une nouvelle. Mais cela est d'actualité, malheureusement, parce que le Parti Républicain, et par conséquent le gouvernement des États-Unis, a opté pour une position tellement loin de la réalité et de leur responsabilité dans leur approche face au changement climatique.

Sautant sur certains points d’incertitude inévitables dans quelque chose d'aussi complexe que la science du climat, et sur de fausses représentations quant aux pseudoscandales concernant quelques scientifiques, les membres républicains du Congrès, candidats à la présidence et d'autres dirigeants prétendent que les dangers du changement climatique sont hypothétiques et non prouvés, et les causes en sont incertaines.


Le déni des changements climatiques devient plus difficile à justifier


Pas du tout, dit le Conseil national de recherche. « Bien que le processus scientifique soit toujours ouvert aux nouvelles idées et conclusions, les causes fondamentales et les conséquences du changement climatique ont été établies par de nombreuses années de recherche scientifique, elles sont supportées par de nombreuses séries de preuves et ont tenu bon face à l'examen attentif, aux tests répétés et à l'évaluation rigoureuse des différentes théories et explications. »

Les climatosceptiques, en d'autres termes, sont volontairement ignorants, prennent leurs rêves pour la réalité, sont cyniques, ou une combinaison des trois. Et leur résistance entêtée est dangereuse, le rapport l’indique clairement, parce que plus la nation attend pour répondre au changement climatique, plus les dommages planétaires sont susceptibles d'être catastrophique - et plus la réponse nécessaire devra être radicale.

Cette réponse, le comité a conclu, devrait inclure non seulement une politique forte pour commencer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi un plan pour commencer à s'adapter au changement climatique, en partie déjà inévitable; plus de recherche sur la science du climat et les énergies alternatives; et un engagement actif dans les efforts internationaux pour contrôler le changement climatique. Étant donné la nature mondiale du problème, indique le rapport, l'action des États-Unis ne peut pas être suffisante, mais
« d'importants efforts (de réduction) d'émission aux États-Unis permettront d'améliorer notre capacité à influencer d'autres pays à faire de même.
» (...)






Réal Trépanier
Mercredi 18 Mai 2011



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