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L’élévation du niveau des océans pourrait atteindre de 0,9 à 1,6 m d’ici 2100


Telle est une des conclusions de la plus récente étude scientifique sur les conséquences de l’accélération du réchauffement et de la fonte des glaces en Arctique. Ce rapport du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (AMAP) fait paraître les conclusions du dernier rapport du GIEC bien timides.



L’élévation du niveau des océans pourrait atteindre de 0,9 à 1,6 m d’ici 2100
«Les températures de l'air en surface dans l'Arctique depuis 2005 ont été les plus élevées par rapport à toutes les périodes quinquennales depuis le début des mesures aux alentours de 1880 », peut-on lire dans le rapport de l’AMAP, un programme établi en 1991 par les huit pays membres du Conseil de l’Arctique (les États-Unis, le Canada, la Russie, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande et l'Islande).

Cela n’est évidemment pas sans conséquence. «À l'avenir, le niveau mondial des océans pourrait augmenter entre 0,9 et 1,6 mètre d'ici à 2100 et la perte de glace des glaciers arctiques, de la calotte glaciaire et de l'inlandsis du Groenland apporteront une contribution substantielle à cette élévation », notent les auteurs du rapport Snow, Water, Ice and Permafrost in Arctic.

L'étude souligne toutefois que «de grandes incertitudes» pèsent encore sur les estimations portant sur le niveau futur des océans. À noter que ces estimations sont beaucoup plus considérables que la hausse de 18 à 59 cm prévue dans le dernier rapport du GIEC, en 2007. Il faut dire cependant que l’analyse du GIEC ne tenait pas compte de la fonte des glaces aux pôles qui s'accélèrent depuis plusieurs années.

Mais même l'évaluation la plus faible de cette étude (0,9 m) aurait des conséquences majeures dans nombre de régions côtières, parmi lesquelles le Bangladesh, le Vietnam ou la Chine, souligne-t-on dans le rapport publié en mai 2011.

Un rapport également inquiétant pour les riverains du Saint-Laurent


Selon l’AQLPA (l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique), « les régions bordant la zone côtière de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent pourraient subir des répercussions graves résultant de la hausse du niveau des mers : l’accentuation de l’érosion des berges, des risques accrus d'inondations et de marées exceptionnelles causées par les tempêtes ».

Pour Patrick Bonin, coordonnateur climat-énergie à l’AQLPA, «ce rapport est un sérieux signal d’alarme et est d’autant plus inquiétant que le Bas St- Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord sont déjà très vulnérables face aux grandes marées. Une augmentation du niveau de la mer de plus d’un mètre et demi augmentera drastiquement le risque de tempêtes destructrices et laisse entrevoir une répétition de ce qu’ont vécus ces régions en décembre dernier ».

Sur leur site web, l’AQLPA rappelle en effet « qu’en décembre 2010 des marées hautes de plus de 3 mètres accompagnées de forts vents et de pluie ont causé des dommages majeurs entraînant la destruction d’infrastructures, l’érosion des berges et l’évacuation de plusieurs maisons. L’élévation du niveau de la mer combinée à la réduction du couvert de glace et à l’augmentation du nombre et de la vigueur des tempêtes conduira à l'accélération de l'érosion côtière, menaçant ainsi les infrastructures côtières et les écosystèmes marins. »

Évidemment, on parle ici davantage de pertes matérielles, alors que dans plusieurs pays en développement, des pertes humaines et des déplacement massifs de population sont à prévoir. Mais partout, les coûts de reconstruction et de relocalisation des infrastructures et des milieux de vie seront considérables.
Photo - Christian Fraser, UQAR; tirée du rapport Ouranos 2010, Savoir s'adapter aux changements climatiques
Photo - Christian Fraser, UQAR; tirée du rapport Ouranos 2010, Savoir s'adapter aux changements climatiques

Le rapport intitulé Savoir s’adapter aux changements climatiques du Consortium Ouranos sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques et publié en 2010 faisait état de la vulnérabilité de la zone côtière du Saint-Laurent. On peut y lire, entre autres, que le Québec possède quelque
3 000 km de littoral de l’estuaire fluvial au golfe Saint-Laurent.

Près de 400 000 habitants y vivent, répartis dans 239 municipalités dont 110 situées sur la côte. En fait, « plus du quart de la population vit à moins de 500 m des berges et plus de 90 % à moins de 5 km. S’y concentrent aussi plusieurs des principales industries telles que la pêche, le tourisme et les alumineries ainsi qu’une bonne partie des infrastructures de transport terrestre et maritime. […] Une proportion significative de la population est donc exposée à l’érosion qui menace le patrimoine bâti de même qu’une partie des infrastructures essentielles ».[Ouranos, p.24]

Ce qui rend cette immense région particulièrement vulnérable tient à la nature même des côtes. « La géologie de la région maritime se caractérise par la présence à 60% de dépôts meubles friables, pouvant s’éroder facilement sous l’action des processus hydrodynamiques de faible à moyenne énergie ». [idem, p.24]



Pour en savoir plus...



Réal Trépanier
Samedi 14 Mai 2011



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