Le rapport spécial du GIEC sur les énergies renouvelables (SRREN), en faisant une synthèse de la littérature scientifique et économique, nous donne une réponse claire à la première question : les énergies renouvelables (ER) ont le potentiel technique de combler largement nos besoins énergétiques présents et futurs. Reste donc la question du coût.
Dans certains cas, indique le rapport, les technologies des énergies renouvelables (ER) sont d'ores et déjà compétitives d’un point de vue économique, mais pour plusieurs, les coûts de production sont encore supérieurs aux prix du marché. La gamme de coûts de revient est très large et dépend non seulement du choix des technologies, de la disponibilité plus ou moins favorable des ressources dans chaque région, des infrastructures régionales, mais également des taux d’intérêt pour le financement des projets, des coûts de construction et de main-d’œuvre, entre autres. Aussi, dans la plupart des régions du monde, la mise en place d’une politique de soutien est requise afin d’assurer un déploiement rapide de certaines sources d’énergie renouvelable.
Ainsi peut-on voir au graphique suivant que dans le cas de la production d’électricité, par exemple, les coûts varient passablement entre les différentes sources et les différentes techniques de production utilisées. Ce graphique présente les coûts unitaires moyens actualisés (LCOE - levelized costs of energy, en anglais) de chaque filière. Ce dernier inclut le coût total des investissements requis (souvent le principal coût dans le cas des ER), ainsi que le coût d’opération, de maintenance, et si applicable, le coût du combustible sur toute la durée de vie du projet, ainsi que le coût de mise hors service en fin de vie. Ce coût total des dépenses sur la vie entière du projet est ensuite divisé par la production totale d’énergie prévue, le tout exprimé en valeur présente (en dollar d’aujourd’hui). Dans ce graphique, ces coûts sont exprimés en cents par kWh d’électricité.
On peut y voir que certaines technologies d’énergie renouvelable peuvent être tout à fait compétitives (géothermie, hydroélectricité, éolien sur terre ferme, quelques technologies à partir de biomasse). D’autres technologies à fort potentiel ont toutefois des coûts de revient beaucoup plus élevés (technologies solaires et océaniques) que lorsqu’on utilise des énergies fossiles pour produire l’électricité (bande verticale orange, soit entre 0.03 $ et 0.10 $ le kWh, environ).
Coût de production d’électricité par source d’énergie renouvelable, exprimé en cent par kWh. La bande verticale orange (à gauche) indique les coûts récents moyens lorsqu'on la produit par des sources non renouvelables (entre 3 et 10 cents de kWh, grosso modo). Les bandes rouges indiquent la gamme des coûts pour différentes catégories d’énergie renouvelable. À l’intérieur de chaque catégorie (biomasse, solaire, etc.) les petites barres noires indiquent le coût par sous-catégorie en fonction de la technologie utilisée (présentée dans l’ordre des sous-catégories tel que listé ci-dessus). On voit donc que plusieurs technologies sont tout à fait compétitives, alors que d’autres ont des coûts beaucoup plus élevés.
Il convient de souligner, cependant, que même si cette revue des coûts des différentes filières d’énergie renouvelable est basée sur des études récentes des dernières années, les progrès technologiques continuent d’être impressionnants. Pour la plupart de ces technologies, les auteurs anticipent des progrès techniques importants et de nouvelles réductions de coûts sont attendues. Et cela est particulièrement vrai pour l’énergie solaire qui a fait des progrès fort considérables ces toutes dernières années avec la réduction du prix des modules photovoltaïques de silicone, par exemple. (Voir à ce sujet l'article de Bloomberg « Solar energy hardware prices plunge »)
Reste que le coût des ER demeure généralement plus élevé. C’est pourquoi des politiques publiques d’appuis aux ER sont nécessaires afin d’accélérer le développement de ces filières. Pour espérer une transition rapide, soit d’ici 2050, vers une grande proportion de nos besoins énergétiques provenant des ER, il faudrait investir jusqu’à 510 milliards de dollars par année d’ici 2020, selon le dernier rapport spécial du GIEC. Il s’agit évidemment de montants substantiels.
Mais il s’agit également de sommes tout à fait abordables, représentant moins de 1 % (0.8 % en fait) du PIB mondial évalué à 65 trillions de dollars (ou 65 000 milliards) [1]. Ces investissements de 510 milliards de dollars, permettant de limiter la hausse du réchauffement climatique, représenteraient moins de 4 % des investissements annuels faits à l’échelle de la planète (évalués à plus de 13 000 milliards de dollars par année) [2].
Déjà en 2010, près de 154 milliards de dollars ont été investis dans les énergies propres, selon Bloomberg New Energy Finance [3]. Le défi, c’est donc de tripler cette somme rapidement. Si cela permet d'éviter un dérèglement climatique dévastateur et coûteux, il pourrait s'agir là d'un des investissements à long terme les plus rentables que l'on puisse faire.
[1] http://www.economist.com/blogs/dailychart/2011/05/world_gdp
[2] http://data.worldbank.org/indicator/NE.GDI.FTOT.CD
[3] http://bnef.com/Download/pressreleases/138/pdffile/
voir également sur le même sujet: Énergies renouvelables : Portrait de la situation actuelle
ainsi que : Énergies renouvelables : Potentiel et conditions
Source : Special Report Renewable Energy Sources (SRREN) 2011 – Summary for Policy Makers en ligne ici...
Special Report Renewable Energy Energy Sources (SRREN) 2011 – Rapport complet (1544p.) en ligne ici...
Site web du SRREN
Suite à la publication du dernier rapport du GIEC sur les changements climatiques, de nombreux gouvernements et des acteurs importants de la société civile et du secteur privé ont demandé de creuser davantage les questions relatives aux énergies nouvelles. Plus de 120 experts reconnus et scientifiques du monde entier ont donc été réunis sous l’égide du GIEC. Ils ont reçu le mandat de faire la synthèse de la littérature scientifique, technologique, économique et environnementale portant sur six grandes familles d’énergie renouvelable et leur potentiel de déploiement au cours des prochaines décennies.
Cette évaluation approfondie s’est traduite par la rédaction du Rapport spécial sur les sources d’énergie renouvelable et l’atténuation des effets des changements climatiques, un rapport de plus de 1500 pages. Une version plus courte de ce dernier a été rendue publique le 9 mai 2011, soit le Résumé pour décideurs (version anglaise).
[2] http://data.worldbank.org/indicator/NE.GDI.FTOT.CD
[3] http://bnef.com/Download/pressreleases/138/pdffile/
voir également sur le même sujet: Énergies renouvelables : Portrait de la situation actuelle
ainsi que : Énergies renouvelables : Potentiel et conditions
Source : Special Report Renewable Energy Sources (SRREN) 2011 – Summary for Policy Makers en ligne ici...
Special Report Renewable Energy Energy Sources (SRREN) 2011 – Rapport complet (1544p.) en ligne ici...
Site web du SRREN
Suite à la publication du dernier rapport du GIEC sur les changements climatiques, de nombreux gouvernements et des acteurs importants de la société civile et du secteur privé ont demandé de creuser davantage les questions relatives aux énergies nouvelles. Plus de 120 experts reconnus et scientifiques du monde entier ont donc été réunis sous l’égide du GIEC. Ils ont reçu le mandat de faire la synthèse de la littérature scientifique, technologique, économique et environnementale portant sur six grandes familles d’énergie renouvelable et leur potentiel de déploiement au cours des prochaines décennies.
Cette évaluation approfondie s’est traduite par la rédaction du Rapport spécial sur les sources d’énergie renouvelable et l’atténuation des effets des changements climatiques, un rapport de plus de 1500 pages. Une version plus courte de ce dernier a été rendue publique le 9 mai 2011, soit le Résumé pour décideurs (version anglaise).














