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Énergies renouvelables : Portrait de la situation actuelle

Rapport spécial du GIEC sur les énergies renouvelables (SRREN)


Avec le développement économique, social, l’amélioration du bien-être et du confort d’une population mondiale croissante, la demande en énergie augmente sans cesse. Les données récentes montrent que les énergies fossiles comblent toujours la très grande majorité des besoins énergétiques de nos sociétés.



Énergies renouvelables : Portrait de la situation actuelle
En fait, elles comptent toujours pour plus de 85 % de nos besoins, de sorte que les émissions de GES continuent d’augmenter à un rythme accéléré, poussant à la hausse leur concentration dans l’atmosphère et créant ainsi un réchauffement global grandissant.

À noter (voir graphique ci-dessous) que les énergies renouvelables ne comblaient, en 2008, que 12,9 % des besoins dont près de 80 % provenait de la biomasse, par exemple, de bois servant au chauffage et à la cuisson, essentiellement dans les pays en voie de développement. La part de l’hydroélectricité s’élevait à 2,3 % de la production d’énergie mondiale, l’éolien 0,2 %, l’énergie solaire et la géothermie moins de 0,1 %. Autrement dit, les énergies renouvelables ne comptaient que pour une part infime.
 


Énergies renouvelables : Portrait de la situation actuelle
Sources d’énergie primaires mondiales en 2008 (492 exajoules au total). Les énergies fossiles fournissaient 85,1 % de la production, les énergies renouvelables 12,9 % dont près de 80 % provenait de la biomasse, par exemple, de bois servant au chauffage et à la cuisson. Source : Special Report Renewable Energy Sources  (SRREN) 2011 – Summary for Policy Makers en ligne ici... voir p.6 . Ilustration version française tirée de L'usine à GES, No. 77, Mai 2011

 


La situation commence à changer lentement. Ainsi, grâce à la mise en place de programmes gouvernementaux, mais également à la réduction des coûts de plusieurs technologies et malgré la crise financière mondiale, la part des énergies renouvelables a augmenté en 2009 : énergie éolienne de plus de 30 %; énergie hydroélectrique de 3 %; énergie photovoltaïque raccordée au réseau de plus de 50 %; énergie géothermique de 4 %; chauffage solaire de l’eau de plus de 20 %. Bien que ces pourcentages soient impressionnants, il ne faut pas oublier qu’ils ne s’appliquent qu'à une très petite base installée.

Malgré tout, sur les quelque 300 gigawatts (GW) produits par les nouvelles capacités de production électrique qui sont venues s’ajouter aux infrastructures existantes à l’échelle mondiale entre 2008 et 2009, 140 GW ou 47 % sont issus des énergies renouvelables. De  plus,  50 % des capacités mondiales existantes de production d’électricité issue des énergies renouvelables sont implantées dans les pays en développement. 
 

 
 
On peut ainsi voir que les énergies renouvelables non seulement gagnent du terrain, elles pourraient répondre à une part très importante de la croissance de la demande énergique, en particulier dans les pays en développement où 1,4 milliard d’individus n’ont pas encore accès à l’électricité.  Leur déploiement répondrait non seulement aux objectifs d’un développement plus durable, mais également plus équitable. 

 





Énergies renouvelables : Portrait de la situation actuelle

Source : Special Report Renewable Energy Sources     (SRREN) 2011 – Summary for Policy Makers en ligne ici...    

Suite à la publication du dernier rapport du GIEC sur les changements climatiques, de nombreux gouvernements et des acteurs importants de la société civile et du secteur privé ont demandé de creuser davantage les questions relatives aux énergies nouvelles. Plus de 120 experts reconnus et scientifiques du monde entier ont donc été réunis sous l’égide du GIEC. Ils ont reçu le mandat de faire la synthèse de la littérature scientifique, technologique, économique et environnementale portant sur six grandes familles d’énergie renouvelable et leur potentiel de déploiement au cours des prochaines décennies.

Cette évaluation approfondie s’est traduite par la rédaction du  Rapport spécial sur les sources d’énergie renouvelable et l’atténuation des effets des changements climatiques, un rapport de plus de 900 pages. Une version plus courte de ce dernier a été rendue publique le 9 mai 2011, soit le Résumé pour décideurs   (version anglaise).
 
 
 




voir également sur le même sujet:  Énergies renouvelables: leur potentiel

 

ainsi que : Énergies renouvelables: possible, mais à quel coût?
 


Réal Trépanier
Mercredi 8 Juin 2011



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Où va le CO₂ qu'on émet?

CAPSULE-CLIMATIQUE:

Où va le CO₂ qu'on émet?
Les émissions de CO₂ dues aux énergies fossiles (9,1 Gt de carbone, ou 33,4 Gt de CO₂) et aux changements d'usage des terres (principalement la déforestation: 0,9 Gt de carbone, soit 3,3 Gt de CO₂) en 2010, excèdent largement la capacité d'absorption des écosystèmes. On estime que les océans ont été en mesure d'en absorber 24%, la végétation environ 26%, de sorte que 50% des émissions sont venus gonfler la concentration de CO₂ dans l'atmosphère, à plus de 389,6 ppm, accentuant ainsi l'effet de serre. Source: Global Carbon Project (disponible ici...)


Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Oui, définitivement. Il est à son niveau le plus élevé depuis 650 000 ans... Voyez par vous-même!

Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?
L'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) depuis le début de l'ère industrielle explique de façon prépondérante la hausse de température observée et prévue. Jamais au cours des derniers 650 000 ans, comme l'indique la courbe en rouge du graphique ci-dessus, la concentration de CO₂ n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, confirmait le GIEC.  Il en est de même pour les autres GES comme le méthane (CH4 , courbe bleue) ou l'oxyde nitreux (N2O , courbe verte ci-dessus).

Cette concentration de CO₂ atteignait 390 ppm en novembre 2011, un niveau record. Elle était à moins de 280 ppm au début de l'ère industrielle. Elle est mesurée à plusieurs endroits dans le monde depuis le début des années 1960, dont au Laboratoire du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à Mauna Loa, Hawaï. Les données historiques plus lointaines sont tirées, pour leurs parts, de l'analyse des carottes de glace (voir à ce sujet: La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?)






L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Absolument pas. C'était déjà connu du temps de votre grand-père et de votre arrière grand-père!

En fait, c'est à l'astronome britannique William Herschel (1738-1822), en 1800, que l'on doit la découverte des rayons infrarouges, ces rayons électromagnétiques d'une longueur d'onde supérieure à la lumière visible, mais un peu plus courte que celle des micro-ondes (utilisés dans votre four à micro-ondes). Les rayons infrarouges sont également souvent associés à la chaleur; (c'est d'ailleurs selon ce principe que fonctionnent la plupart des détecteurs de mouvement dans les systèmes d'alarmes ou dans les lumières de sécurité).

La vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, le fameux CO2, ont quant à eux été identifiés comme les principaux responsables de l'effet de serre par John Tyndall (1820-1893), en 1861, car ils avaient la capacité de bloquer les rayons infrarouges au niveau de l'atmosphère, ce qui a pour effet d'y retenir la chaleur.  Il suggérait même, déjà à l'époque, qu'un changement dans la composition de l'atmosphère pourrait influencer l'évolution du climat (1)



L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?


Donc, ce n’est pas d’hier que l’on a identifié le CO₂ comme une menace à l’équilibre climatique. D'ailleurs, dès 1896 un Suédois, Svante Arrhenius (1859-1927) , prix Nobel de chimie, estimait qu’un doublement de la concentration de CO₂ entraînerait vraisemblablement une hausse des températures de 1,5 à 5 o(2). Il reconnaissait déjà le fait que d’augmenter la concentration d’un gaz à effet de serre, en réchauffant l’atmosphère, enclencherait une série de réactions, dont une hausse de l’évaporation des masses d’eau. 

Cette augmentation de la quantité de vapeur d’eau, en amplifiant l’effet de serre, accélérerait davantage le réchauffement, entraînant encore plus d’évaporation et encore plus d’effet de serre (réaction en boucle), surmultipliant ainsi l’effet initial dans divers mécanismes de rétroaction. Heureusement, il ne s’agit pas d’une boucle sans fin, car l’évaporation entraînant un accroissement de la formation et de la densité des nuages, elle provoque ainsi un écran pour les rayons solaires, moins nombreux à réchauffer le sol. Ainsi, un nouvel équilibre s’établit, mais celui-ci se produit à un niveau de température sensiblement plus élevé. 

Bref, cela fait longtemps que tout cela est connu. Cela fait longtemps que l'on sait mesurer, avec une précision de plus en plus grande, la concentration de chaque gaz dans l'atmosphère ainsi que leur potentiel de réchauffement global. (Pour en savoir plus, voir: L'effet de serre, c'est quoi?)