Partager Partager

Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?


Certains commentateurs, certains médias et certains politiciens répètent régulièrement qu’il n’y a pas de consensus clair en faveur de la science climatique démontrant que nous faisons face à un réchauffement global du climat, lequel est principalement causé par l’activité humaine. Ils n’ont jamais à prouver leur affirmation, il leur suffit de la répéter dans toutes leurs interventions publiques afin de créer un doute. À force de répéter continuellement qu’il n’y a pas de consensus scientifique, une grande partie de la population finit par le croire, comme si, au dire de plusieurs, un mensonge maintes fois répété pouvait devenir une vérité. Mais qu’en est-il au juste? Y-a-t-il ou pas consensus scientifique sur la question?



Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?
Pour y répondre, commençons par définir ce qu’est un «consensus». Le dictionnaire Larousse nous dit qu’il s’agit de l’accord et du consentement du plus grand nombre de l’opinion publique, autrement dit l’accord de la majorité.

Dans le domaine des sciences plus spécifiquement, le consensus scientifique représente la position prise par la plupart des scientifiques spécialisés dans un domaine de recherche particulier, à un moment donné dans le temps [1]. Il se développe généralement à travers la communication d'experts dans des conférences spécialisées et par la diffusion d'articles, dans des publications avec comités de lecture (revue par les pairs), présentant les résultats de recherches vérifiables et reproductibles. On ne parle donc pas d’unanimité, mais simplement d'un avis très largement partagé par une forte majorité de scientifiques reconnus comme experts sur le sujet. Qu’il n’y ait pas unanimité sur la question des changements climatiques est sans doute la seule affirmation sur laquelle on pourrait s’entendre… à l’unanimité!

Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?
D’abord, il y aura toujours des scientifiques de bonne foi qui, par réflexe ou par instinct, contesteront ce qui fait consensus ou contesteront certains aspects particuliers autour d'un consensus. Et ces derniers jouent un rôle fort utile, voire essentiel dans l’avancement de la science, même lorsqu’ils ont tort. Ils obligent ainsi leurs confrères à vérifier et contre-vérifier leurs données, leurs méthodes et leurs conclusions avant toute publication, bref, ils forcent à une plus grande vigilance, et c'est très bien ainsi.

D’autres scientifiques contesteront les consensus sur certaines questions en raison de croyances religieuses (les créationnistes, par exemple), d'autres pour des motifs idéologiques. Plusieurs s’y appliqueront afin de remplir des mandats lucratifs donnés par des entreprises, des groupes de pression, des « think tanks », des associations industrielles qui, devenant grands donateurs, permettent de financer la recherche universitaire dans divers domaines, ce qui est évidemment alléchant. Bref, quel que soit le sujet et quel que soit les raisons, il n’y aura jamais unanimité, et cela est bien ainsi.

Par contre, prétendre qu’il n’y a pas de consensus scientifique sur la question des changements climatiques laisse entendre qu’il s’agit d’une position tenue par une minorité de la communauté scientifique; une affirmation qui peut paraître très surprenante. Comment, objectivement, vérifier la validité ou non d’une telle affirmation?

Point de vue majoritaire ou pas, comment savoir?

Procéder par sondage peut être une option valable. Le plus récent et le plus complet a été réalisé en 2009 par Peter Doran et Maggie Kendall Zimmerman, du Département des sciences de la Terre et de l’environnement de l’Université de l’Illinois, à Chicago (disponible ici...). Le sondage a été fait auprès de 10257 scientifiques de la Terre (Earth scientists). Au total, 3 146 scientifiques ont répondu à deux questions: (1) « Comparée aux niveaux préindustriels (avant les années 1800), croyez-vous que la température moyenne globale a généralement augmenté, diminué ou est demeurée relativement constante? » et (2) « Croyez-vous que l’activité humaine est un facteur significatif contribuant au changement de la température moyenne globale? ».
Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?

Des 3146 répondants, 90% possédant un doctorat et 7% une maîtrise en sciences de la Terre, 90% ont répondu qu’ils croyaient que la température globale a augmenté et 82% d’entre eux se sont dit d’avis que l’activité humaine y avait joué un rôle significatif. Parmi les 79 spécialistes reconnus en climatologie, publiant les résultats de leur recherche dans des publications ayant des comités de lecture (revue par les pairs), 76 d’entre eux, soit 96%, ont répondu que nous assistions à un réchauffement climatique et 97% affirmaient que l’activité humaine y jouait un rôle significatif. On peut donc parler d’une très forte majorité chez les scientifiques. Beaucoup plus forte, en fait , qu'au niveau du grand public (sondage Gallup, barre plus foncée du graphique ci-haut). Comme on peut le voir sur le graphique illustrant les résultats du sondage, plus grande est l'expertise des gens interrogés, plus ils sont d'accord avec les conclusions du GIEC.


Autre approche utilisée par un groupe de l’Oregon, une pétition disponible en ligne et récoltant les signatures de gens qui déclarent être des scientifiques dans diverses disciplines permet à plusieurs commentateurs et politiciens américains d’affirmer publiquement dans tous les médias que 31 486 « scientifiques » sont en désaccord avec les conclusions du GIEC. D'abord, précisons que la Petition Project compte une très forte cohorte d'ingénieurs parmi ses signataires, soit près de 49% (selon Helen Lawson Williams, de Information is Beautiful) . Aucun filtrage ou vérification n’est fait (voir article du Seattle Time...) quant aux qualifications véritables des répondants, de l’aveu même de l’instigateur du projet, Art Robinson. Il est donc difficile de donner beaucoup de valeur à une telle approche, fort controversée aux yeux de certains groupes engagés (voir ce qu'en dit Kevin Grandia, par exemple...)

Mais disons, aux fins de discussion, que nous acceptons ce décompte de 31486 scientifiques et ingénieurs en désaccord avec le consensus. Cela semble beaucoup, à première vue. Mais lorsqu'on réalise qu'il y a, aux États-Unis selon le U.S. Census Bureau, 12,94 millions de scientifiques et ingénieurs (3,8 millions en sciences de la santé, 2,5 millions en sciences de la nature, 1,8 millions en sciences informatique, 3,5 millions d'ingénieurs, etc), ces 31 486 dissidents ne représentent que 0,24% du total. Évidemment, cela ne veut pas dire que les 12,91 millions autres scientifiques sont tous d'accord, mais cela place ce nombre de signataires en perspective. [2]


Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?

Enfin, on peut s'interroger sur la pertinence de considérer comme des "experts" en changements climatiques toutes personnes ayant étudié en sciences, que ce soit en sciences de la santé ou en mathématiques par exemple, et inclure tous ces gens dans la définition du consensus scientifique recherché. Pourquoi suggérer une telle approche? Est-ce fait pour contrer l'opinion des experts véritables, ceux qui non seulement ont étudié la question, mais également produisent et publient les résultats de la recherche dans le domaine? Ou est-ce fait afin de diluer complètement la valeur d'un tel consensus? On peut se poser la question...


Une approche différente a été proposée par Naomi Oreskes, Ph. D., géologue et professeur à l’Université de Californie (History and Science Studies). Elle a produit une étude reposant sur l’analyse de la littérature scientifique. Elle a passé en revue les résumés (abstracts) de 928 articles scientifiques publiés entre 1993 et 2003 dans des publications avec comités de révision par les pairs et extraits de la base de données ISI en utilisant les mots clés « changements climatiques globaux ».

Résultats: 75 % des résumés allaient explicitement ou implicitement dans le sens du consensus (existence d’un réchauffement climatique largement provoqué par l’activité humaine), 25 % des résumés portaient sur les méthodes ou la paléoclimatologie, sans prendre position, et aucun des 928 résumés n’était en désaccord avec le consensus. À lire dans Science AAAS (American Association for the Advancement of Science).

En fait, même si une personne doute que les rapports du GIEC puissent bien représenter le consensus (malgré qu’il s’agisse du plus complet résumé synthèse des connaissances scientifiques disponibles à la date de préparation), le consensus va bien au-delà de celui établi par ce groupe d’experts internationaux.
Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?

Que disent les grandes organisations scientifiques à travers le monde...

À l’exemple de la position commune prise par les Académies des sciences des pays du G-8, de la Chine, de l’Inde et du Brésil, en tout, les Académies des sciences de 32 pays se sont prononcées en appui à la conclusion que le climat global de la Terre se réchauffe, que cela est largement dû à l’activité humaine et qu’il est urgent de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Une fois la distinction clairement établie entre unanimité et consensus, il est facile d’admettre que certains géophysiciens, océanographes ou météorologues peuvent avoir des avis différents du consensus, souvent sur certains détails et aspects particuliers, mais parfois véritablement sur le fond, et qu'ils ne sont pas d'accord avec l’ensemble de leurs confrères. Combien sont-ils? S'agit-il de gens aux compétences et à l'expertise reconnues par leurs pairs? Cela n'est pas facile de se faire une opinion.

Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?
Aussi, une façon de voir où se situe le consensus, c’est en examinant les prises de positions officielles des différents organismes professionnels et associations scientifiques. Ainsi, lorsque l’Americain Association for the Advancement of Science, regroupant 262 sociétés et académies des sciences affiliées affirme:

"Les preuves scientifiques sont claires: des changements climatiques mondiaux provoqués par les activités humaines se passent actuellement, et constituent une menace croissante pour la société .... Le rythme du changement et la preuve de préjudice ont sensiblement augmenté au cours des cinq dernières années. Le temps pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre est maintenant." (traduction libre- voir document original...),

il semble raisonnable de penser que cela reflète la position consensuelle à l’intérieur de ce regroupement de scientifiques.


De même, lorsque l’American Geophysical Union se prononce sur les changements climatiques, comment ne pas considérer qu’ils expriment l’opinion de la grande majorité de leurs 58 000 membres? Et qu’ont-ils adopté comme position en 2003 et réaffirmée en 2007 ?

"Le climat de la Terre est désormais clairement en déséquilibre et se réchauffe. De nombreux éléments du système climatique, y compris les températures de l'atmosphère, de la terre et de l'océan, l'étendue des glaces de mer et les glaciers de montagne, le niveau de la mer, la répartition des précipitations et la durée des saisons, sont en train d'évoluer à des rythmes et selon des modes qui ne sont pas naturels et s'expliquent mieux par les abondances atmosphériques accrues de gaz à effet de serre et des aérosols générés par l'activité humaine au cours du 20e siècle." (traduction libre - voir document original...)
[i voir Crédit-Photo]
[i voir Crédit-Photo]

Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?
L’American Meteorological Society s’est également prononcé au nom de ses 14 000 membres. Leur position est on ne peut plus claire :

"Il existe maintenant des preuves claires que la température annuelle moyenne à la surface de la Terre, en moyenne sur l'ensemble du globe, n'a cessé d'augmenter au cours des 200 dernières années. Il est également évident que l'abondance des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a augmenté au cours de la même période. Dans la décennie écoulée, des progrès significatifs ont été accomplis vers une meilleure compréhension du système climatique et vers une amélioration des projections des changements climatiques à long terme… Les activités humaines sont devenues une source majeure des changements environnementaux. Les conséquences climatiques de l'abondance atmosphérique croissante de gaz à effet de serre constituent une urgence"…(traduction libre - voir document original...)


Consensus scientifique : Les scientifiques ou les sceptiques confondus?
Pour sa part, l’American Chemical Society, comptant plus de 161 000 membres, est non équivoque :

"Des évaluations scientifiques minutieuses et exhaustives ont clairement démontré que le système climatique de la Terre change rapidement en réponse à la croissance des charges atmosphériques de gaz à effet de serre et l'absorption des particules d'aérosols (IPCC, 2007). Il ya très peu de place au doute que les tendances climatiques observées sont dues aux activités humaines. Les menaces sont graves et des mesures urgentes sont nécessaires pour atténuer les risques de changement climatique." (traduction libre - voir document original...)

Et nous pourrions continuer comme cela encore longtemps tellement la liste des associations professionnelles scientifiques qui ont endossé le consensus scientifique présenté par le GIEC est longue. De façon non exhaustive, on y retrouve, entre autres :

• American Association for the Advancement of Science
• American Astronomical Society
• American Chemical Society
• American Geophysical Union
• American Institute of Physics
• American Meteorological Society
• American Physical Society
• Australian Coral Reef Society
• Australian Meteorological and Oceanographic Society
• British Antarctic Survey
• Canadian Foundation for Climate and Atmospheric Sciences
• Canadian Meteorological and Oceanographic Society
• Environmental Protection Agency
• European Federation of Geologists
• European Geosciences Union
• European Physical Society
• Federation of American Scientists
• Federation of Australian Scientific and Technological Societies
• Geological Society of America
• Geological Society of Australia
• International Union for Quaternary Research (INQUA)
• International Union of Geodesy and Geophysics
• National Center for Atmospheric Research
• National Oceanic and Atmospheric Administration
• Royal Meteorological Society
• Royal Society of the UK
Plus:
  • European Academy of Sciences and Arts
  • International Council of Academies of Engineering and Technological Sciences
  • Network of African Science Academies
  • Royal Society of New Zealand
  • Polish Academy of Sciences
  • National Research Council (US)
  • Stratigraphy Commission of the Geological Society of London
  • World Meteorological Organization
  • American Quaternary Association
  • American Association of Wildlife Veterinarians
  • American Society for Microbiology
  • Institute of Biology (UK)
  • Society of American Foresters
  • The Wildlife Society (international)
  • American Medical Association
  • American Public Health Association
  • Australian Medical Association
  • World Federation of Public Health Associations
  • World Health Organization
  • American Statistical Association
  • Engineers Australia (The Institution of Engineers Australia)

Liste extrait de Climate Change Consensus disponible sur Post Living Carbon.com

En fait, il n’existe, à notre connaissance, qu’une seule organisation scientifique qui, bien qu'elle reconnaisse un problème potentiel et l’implication possible de l’homme, déclare que plus de recherche est nécessaire : The American Association of Petroleum Geologists.

Bref, il nous apparaît clairement qu’un consensus scientifique existe de façon non équivoque. Ceux qui prétendent le contraire sont soit mal informés ou mal intentionnés. Ceci ne veut pas dire qu’il ne reste pas des zones d’ombres, que toutes les interactions sont bien comprises, que les modèles climatiques ne peuvent pas être améliorés de façon notable, au contraire. Le fait qu’il y a consensus sur le sérieux de la situation et l’importance d’agir afin de contrer le réchauffement climatique devrait nous encourager à poursuivre la recherche, mais surtout à passer à l'action afin d'en atténuer les conséquences futures.
Pendant que l'on débat sur des questions de détails malheureux, on en oublie l'essentiel... Nick Anderson cartoon
Pendant que l'on débat sur des questions de détails malheureux, on en oublie l'essentiel... Nick Anderson cartoon

Pour en savoir plus sur le sujet...

Dr. Naomi Oreskes, Ph. D., géologue et professeur à l’Université de Californie (History and Science Studies) a présenté une excellent conférence intitulée "The American Denial of Global Warming" dans laquelle elle retrace l'historique des découvertes scientifiques concernant les changements climatiques ainsi que l'évolution du combat de certains groupes niant l'existence d'un tel réchauffement. Disponible (en anglais) sur UCTV (University of California Television): The American Denial of Global Warming...


Pour lire quelques extraits ou les énoncés officiels complets de différentes académies des sciences, sociétés et associations scientifiques, cliquez sur les titres du menu déroulant de la colonne de droite Consensus scientifique:
Les organisations scientifiques mondiales se prononcent sur les changements climatiques.




Références:

[1] Définition selon Greenfacts - Glossaire, disponible en ligne sur Greenfacts.org
[2] Information compilée (données fournies à l'appui) par David McCandless et Helen Lawson Williams de Information Is Beautiful.net, disponible en ligne à InformationIs Beautiful.net

Crédit-photo:

(i) Photo: Alain Vernon, tiré du site http://www.flickr.com/photos/alanvernon/3090095900/








Real Trepanier
1 Mars 2010


Nouveau commentaire :





Consensus scientifique:

Les organisations scientifiques mondiales se prononcent sur les changements climatiques:

Cliquez sur le titre pour voir un extrait de la position officielle




Où va le CO₂ qu'on émet?

CAPSULE-CLIMATIQUE:

Où va le CO₂ qu'on émet?
Les émissions de CO₂ dues aux énergies fossiles (9,1 Gt de carbone, ou 33,4 Gt de CO₂) et aux changements d'usage des terres (principalement la déforestation: 0,9 Gt de carbone, soit 3,3 Gt de CO₂) en 2010, excèdent largement la capacité d'absorption des écosystèmes. On estime que les océans ont été en mesure d'en absorber 24%, la végétation environ 26%, de sorte que 50% des émissions sont venus gonfler la concentration de CO₂ dans l'atmosphère, à plus de 389,6 ppm, accentuant ainsi l'effet de serre. Source: Global Carbon Project (disponible ici...)


Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Oui, définitivement. Il est à son niveau le plus élevé depuis 650 000 ans... Voyez par vous-même!

Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?
L'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) depuis le début de l'ère industrielle explique de façon prépondérante la hausse de température observée et prévue. Jamais au cours des derniers 650 000 ans, comme l'indique la courbe en rouge du graphique ci-dessus, la concentration de CO₂ n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, confirmait le GIEC.  Il en est de même pour les autres GES comme le méthane (CH4 , courbe bleue) ou l'oxyde nitreux (N2O , courbe verte ci-dessus).

Cette concentration de CO₂ atteignait 390 ppm en novembre 2011, un niveau record. Elle était à moins de 280 ppm au début de l'ère industrielle. Elle est mesurée à plusieurs endroits dans le monde depuis le début des années 1960, dont au Laboratoire du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à Mauna Loa, Hawaï. Les données historiques plus lointaines sont tirées, pour leurs parts, de l'analyse des carottes de glace (voir à ce sujet: La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?)






L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Absolument pas. C'était déjà connu du temps de votre grand-père et de votre arrière grand-père!

En fait, c'est à l'astronome britannique William Herschel (1738-1822), en 1800, que l'on doit la découverte des rayons infrarouges, ces rayons électromagnétiques d'une longueur d'onde supérieure à la lumière visible, mais un peu plus courte que celle des micro-ondes (utilisés dans votre four à micro-ondes). Les rayons infrarouges sont également souvent associés à la chaleur; (c'est d'ailleurs selon ce principe que fonctionnent la plupart des détecteurs de mouvement dans les systèmes d'alarmes ou dans les lumières de sécurité).

La vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, le fameux CO2, ont quant à eux été identifiés comme les principaux responsables de l'effet de serre par John Tyndall (1820-1893), en 1861, car ils avaient la capacité de bloquer les rayons infrarouges au niveau de l'atmosphère, ce qui a pour effet d'y retenir la chaleur.  Il suggérait même, déjà à l'époque, qu'un changement dans la composition de l'atmosphère pourrait influencer l'évolution du climat (1)



L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?


Donc, ce n’est pas d’hier que l’on a identifié le CO₂ comme une menace à l’équilibre climatique. D'ailleurs, dès 1896 un Suédois, Svante Arrhenius (1859-1927) , prix Nobel de chimie, estimait qu’un doublement de la concentration de CO₂ entraînerait vraisemblablement une hausse des températures de 1,5 à 5 o(2). Il reconnaissait déjà le fait que d’augmenter la concentration d’un gaz à effet de serre, en réchauffant l’atmosphère, enclencherait une série de réactions, dont une hausse de l’évaporation des masses d’eau. 

Cette augmentation de la quantité de vapeur d’eau, en amplifiant l’effet de serre, accélérerait davantage le réchauffement, entraînant encore plus d’évaporation et encore plus d’effet de serre (réaction en boucle), surmultipliant ainsi l’effet initial dans divers mécanismes de rétroaction. Heureusement, il ne s’agit pas d’une boucle sans fin, car l’évaporation entraînant un accroissement de la formation et de la densité des nuages, elle provoque ainsi un écran pour les rayons solaires, moins nombreux à réchauffer le sol. Ainsi, un nouvel équilibre s’établit, mais celui-ci se produit à un niveau de température sensiblement plus élevé. 

Bref, cela fait longtemps que tout cela est connu. Cela fait longtemps que l'on sait mesurer, avec une précision de plus en plus grande, la concentration de chaque gaz dans l'atmosphère ainsi que leur potentiel de réchauffement global. (Pour en savoir plus, voir: L'effet de serre, c'est quoi?)






Suggestions de lecture

Vivre les changements climatiques: Réagir pour l'avenir

de Claude Villeneuve
et François Richard

Suggestions de lecture
Les changements climatiques qui se font sentir sur toute la planète sont là pour rester. D’où viennent-ils ? Quelles en sont les conséquences et la portée ? Comment s’y adapter ? Quelles actions entreprendre pour en réduire l’ampleur ? Vivre les changements climatiques. Réagir pour l’avenir livre à la fois les explications de base pour comprendre le problème et les plus récentes informations sur le phénomène.

Il est désormais reconnu que le réchauffement du climat est occasionné par les humains en raison de l’augmentation de la population mondiale et de l’activité économique pratiquée sans souci de l’environnement.

Mais, cette corrélation n’est pas immuable, expliquent les auteurs de ce livre : l’émergence de nouvelles technologies, des incitations économiques et légales, et même les gestes et les choix des citoyens peuvent contribuer significativement à modifier son intensité.

Cette troisième édition de Vivre les changements climatiques a été considérablement revue et augmentée pour tenir compte des données et des événements les plus récents, entre autres du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).

Claude Villeneuve est biologiste, professeur, chercheur et directeur de la Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi.



HOT AIR; Meeting Canada's Climate Change Challenge
de Jeffrey Simpson, Mark Jaccard et Nic Rivers


Voici un ouvrage clair et crédible pour les Canadiens soucieux de comprendre le dossier des changements climatiques dans le contexte canadien- et qui offre des solutions.

Excellent travail de collaboration entre un des plus grands experts au Canada sur l'environnement, Mark Jaccard, Nic Rivers, un chercheur qui travaille avec lui à l'Université Simon Fraser et Jeffrey Simpson, le très respecté journaliste du Globe and Mail, qui livre le tout dans un message clair et sans complaisance.

Ce livre débute par une description de la menace climatique pour le Canada. Puis il explique comment les Canadiens ont été endormis par leurs politiciens ( "On s'en occupe") et certains de leurs industriels ( «les choses ne sont pas si pire, des lignes directrices volontaires sont suffisantes"). Tout cela, bien entendu, renforce les mythes que de nouvelles politiques énergiques ne sont pas nécessaires.

Hot Air expose ensuite en termes facilement compréhensibles, des politiques très simples que le Canada pourrait adopter tout de suite afin de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. Il montre même comment ces politiques pourrait être conçues pour avoir un minimum d'effets négatifs.

Avec l'exemple d'autres pays qui s'attaquent avec succès aux changements climatiques, Hot Air montre pourquoi ces dernières, selon les auteurs, sont les seules politiques qui fonctionnent - et pourquoi il est urgent d'agir.

(Livre en anglais seulement)