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Baisse de 4,8 % des émissions de GES au Québec en 2008


Les émissions de GES du Québec ont diminué de 4,8 % en 2008 par rapport à 2007, s’établissant à 1,2 % sous le niveau de 1990, année de référence de la communauté internationale. Les émissions par habitant ont pour leur part reculé de 10,8 % depuis 1990 malgré une croissance économique de 46% au cours de cette période. C’est ce qui ressort du dernier inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre 2008.



Les émissions québécoises par habitant se chiffraient à 10,7 tonnes équivalentes CO₂ (Mt éq. CO₂) en 2008, soit deux fois moins que la moyenne canadienne qui se situait à 22 tonnes. Pour la même année, le Québec représentait 11,2 % des émissions canadiennes (lesquelles atteignaient 734 Mt éq. CO₂), comparativement à 25,8 % pour l’Ontario et 33,2 % pour l’Alberta.

En 2008, les émissions totales de GES se chiffraient à 82,7 Mt éq. CO₂, en baisse de 4.2 Mt. soit 4,8 % par rapport à 2007. Cette baisse est essentiellement due au secteur industriel qui a vu ses émissions diminuer de 3,9Mt ou 13,7 %, affecté par le fort ralentissement économique. Il est à noter que la diminution globale des émissions de GES de 1990 à 2008 est principalement attribuable au secteur industriel. Bien que la baisse dans ce secteur provienne en partie d’améliorations techniques de certains procédés, de l’amélioration constante de l’efficacité énergétique et de substitutions de combustibles, elle est accentuée par la fermeture, permanente ou temporaire, de certaines entreprises. En particulier de 2007 à 2008, l’arrêt de l’exploitation de la centrale de cogénération TransCanada Énergie a contribué à une baisse notable des émissions de GES (1,7 Mt).

Baisse de 4,8 % des émissions de GES au Québec en 2008
  • Le secteur qui produisait le plus d’émissions de GES au Québec en 2008 était celui du transport (routier, aérien, maritime, ferroviaire, hors route), atteignant 35,8 Mt éq. CO₂, soit 43,3 % des émissions (voir figure 1). À lui seul, le transport routier représentait 77,8 % des émissions du secteur du transport, soit 33,7 % des émissions totales de GES.

  • Le secteur de l’industrie arrivait en deuxième place, atteignant 24,7 Mt éq. CO₂, soit 29,9 % des émissions totales. Dans ce secteur, les émissions se répartissaient comme suit : 55,5 % provenaient de la consommation énergétique, 43,5 % des procédés industriels et 1,0 % des émissions fugitives et de l’utilisation de solvants et d’autres produits.

  • Le secteur résidentiel, commercial et institutionnel (chauffage des bâtiments) se classait au troisième rang, atteignant 10,3 Mt éq. CO₂, soit 12,5 % des émissions.

  • Les secteurs de l’agriculture, des déchets et de l’électricité produisaient les autres émissions, atteignant respectivement 6,4 Mt éq. CO₂ (7,7 %), 5,0 Mt éq. CO₂ (6,1 %) et 0,4 Mt éq. CO₂ (0,5 %).



Le transport routier est en grande partie responsable de la hausse de 28,6 % des émissions observées dans l’ensemble du secteur du transport de 1990 à 2008. Pendant cette période, les émissions du transport routier sont passées de 21,0 à 27,8 Mt éq. CO₂, soit une augmentation de 32,9 %. Il s’agit d’une tendance également observée ailleurs en Amérique du Nord, bien qu’au Québec la hausse ait été moins importante depuis 2004.

De 1990 à 2008, les émissions provenant des camions légers (fourgonnettes, camionnettes et véhicules utilitaires sport (VUS)) sont passées de 4,1 à 8,5 Mt éq. CO₂, une hausse de 109 % en raison de la popularité de ce type de véhicules auprès des consommateurs. Pendant cette même période, les émissions provenant des véhicules lourds ont augmenté de 81 %, passant de 4,7 à 8,5 Mt éq. CO₂. Ces hausses sont directement liées à l’accroissement du nombre de camions légers et de véhicules lourds sur les routes depuis 1990.

Il faut noter que la meilleure performance, sur le plan énergétique, des moteurs des véhicules ne se traduit pas nécessairement, au bout du compte, par une diminution des émissions de GES, car cet avantage potentiel est diminué, voire annulé, par l’augmentation de la puissance, du poids et des accessoires des véhicules ainsi que du kilométrage parcouru.




L’inventaire des émissions de GES produits par l’activité humaine au Québec est tenu à jour annuellement depuis 1990 par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Cet inventaire est élaboré à partir de données recueillies auprès d’entreprises et d’institutions, ainsi qu’à partir de données statistiques obtenues principalement de Statistique Canada, de l’Institut de la statistique du Québec, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et de la Société de l’assurance automobile du Québec.

L’inventaire québécois des GES est obtenu grâce à une compilation des données conforme à celle préconisée par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cependant, les données de ce rapport sont présentées selon des catégories légèrement différentes afin d’en faciliter la compréhension. Ainsi, le secteur du transport est présenté séparément alors que le CCNUCC l’inclut dans la catégorie Énergie. Également, les émissions du secteur de l’industrie regroupent les procédés et la combustion, contrairement au CCNUCC qui présente les émissions de la combustion dans la catégorie Énergie.





Réal Trépanier
Dimanche 12 Décembre 2010



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Où va le CO₂ qu'on émet?

CAPSULE-CLIMATIQUE:

Où va le CO₂ qu'on émet?
Les émissions de CO₂ dues aux énergies fossiles (9,1 Gt de carbone, ou 33,4 Gt de CO₂) et aux changements d'usage des terres (principalement la déforestation: 0,9 Gt de carbone, soit 3,3 Gt de CO₂) en 2010, excèdent largement la capacité d'absorption des écosystèmes. On estime que les océans ont été en mesure d'en absorber 24%, la végétation environ 26%, de sorte que 50% des émissions sont venus gonfler la concentration de CO₂ dans l'atmosphère, à plus de 389,6 ppm, accentuant ainsi l'effet de serre. Source: Global Carbon Project (disponible ici...)


Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Oui, définitivement. Il est à son niveau le plus élevé depuis 650 000 ans... Voyez par vous-même!

Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?
L'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) depuis le début de l'ère industrielle explique de façon prépondérante la hausse de température observée et prévue. Jamais au cours des derniers 650 000 ans, comme l'indique la courbe en rouge du graphique ci-dessus, la concentration de CO₂ n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, confirmait le GIEC.  Il en est de même pour les autres GES comme le méthane (CH4 , courbe bleue) ou l'oxyde nitreux (N2O , courbe verte ci-dessus).

Cette concentration de CO₂ atteignait 390 ppm en novembre 2011, un niveau record. Elle était à moins de 280 ppm au début de l'ère industrielle. Elle est mesurée à plusieurs endroits dans le monde depuis le début des années 1960, dont au Laboratoire du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à Mauna Loa, Hawaï. Les données historiques plus lointaines sont tirées, pour leurs parts, de l'analyse des carottes de glace (voir à ce sujet: La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?)






L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Absolument pas. C'était déjà connu du temps de votre grand-père et de votre arrière grand-père!

En fait, c'est à l'astronome britannique William Herschel (1738-1822), en 1800, que l'on doit la découverte des rayons infrarouges, ces rayons électromagnétiques d'une longueur d'onde supérieure à la lumière visible, mais un peu plus courte que celle des micro-ondes (utilisés dans votre four à micro-ondes). Les rayons infrarouges sont également souvent associés à la chaleur; (c'est d'ailleurs selon ce principe que fonctionnent la plupart des détecteurs de mouvement dans les systèmes d'alarmes ou dans les lumières de sécurité).

La vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, le fameux CO2, ont quant à eux été identifiés comme les principaux responsables de l'effet de serre par John Tyndall (1820-1893), en 1861, car ils avaient la capacité de bloquer les rayons infrarouges au niveau de l'atmosphère, ce qui a pour effet d'y retenir la chaleur.  Il suggérait même, déjà à l'époque, qu'un changement dans la composition de l'atmosphère pourrait influencer l'évolution du climat (1)



L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?


Donc, ce n’est pas d’hier que l’on a identifié le CO₂ comme une menace à l’équilibre climatique. D'ailleurs, dès 1896 un Suédois, Svante Arrhenius (1859-1927) , prix Nobel de chimie, estimait qu’un doublement de la concentration de CO₂ entraînerait vraisemblablement une hausse des températures de 1,5 à 5 o(2). Il reconnaissait déjà le fait que d’augmenter la concentration d’un gaz à effet de serre, en réchauffant l’atmosphère, enclencherait une série de réactions, dont une hausse de l’évaporation des masses d’eau. 

Cette augmentation de la quantité de vapeur d’eau, en amplifiant l’effet de serre, accélérerait davantage le réchauffement, entraînant encore plus d’évaporation et encore plus d’effet de serre (réaction en boucle), surmultipliant ainsi l’effet initial dans divers mécanismes de rétroaction. Heureusement, il ne s’agit pas d’une boucle sans fin, car l’évaporation entraînant un accroissement de la formation et de la densité des nuages, elle provoque ainsi un écran pour les rayons solaires, moins nombreux à réchauffer le sol. Ainsi, un nouvel équilibre s’établit, mais celui-ci se produit à un niveau de température sensiblement plus élevé. 

Bref, cela fait longtemps que tout cela est connu. Cela fait longtemps que l'on sait mesurer, avec une précision de plus en plus grande, la concentration de chaque gaz dans l'atmosphère ainsi que leur potentiel de réchauffement global. (Pour en savoir plus, voir: L'effet de serre, c'est quoi?)