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Concilier économie et lutte aux changements climatiques: défi du 21e siècle |
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7. L'Arctique fond, faut-il s'en émouvoir?« De plus en plus de rapports confirment que la banquise fond et pourrait largement disparaître durant l’été d’ici quelques années. Certains y voient une opportunité de développement économique, nouveau corridor maritime, exploitation pétrolière, tandis que d’autres s’attristent des impacts majeurs sur les populations humaines, la faune ainsi que des risques de dérèglement que cela provoquera. Quels en sont les impacts et comment cela pourrait-il nous affecter? »La banquise dans tous ses états
L’image que l’on se fait de l’Arctique, désert glacial balayé par les vents, n’est vraie que durant les rigoureux mois d’hiver boréal. En effet, l’Arctique se réchauffe et la banquise fond de plus en plus durant la période estivale. Bien qu’elle ait été toujours fort variable, la température moyenne en Arctique a augmenté à un rythme deux fois plus rapide qu’ailleurs dans le monde depuis 100 ans, confirme le dernier rapport du GIEC [1] . Cela a évidemment des répercussions sur l’étendue de la banquise.
Pour en comprendre l’importance, il faut bien distinguer deux types de glace. Le premier type, les calottes glacières, glaciers et inlandsis, sont formés par l’accumulation de neige sur la terre ferme, en particulier en Antarctique et au Groenland, au fil des milliers d’années. Constitués d’eau douce, ces glaciers glissent lentement vers la mer où ils se brisent en gros bloc pour former les icebergs. Ces derniers dérivent vers le sud, fondent graduellement et font ainsi hausser le niveau des océans, très lentement. Par contre, la banquise est formée de glace flottant à la surface de l’océan et recouvrant, entre autres, le pôle Nord. Comme cette glace se trouve déjà dans l’eau, sa fonte ne crée pas d’augmentation du niveau des océans. [2]
L’étendue de la banquise varie constamment au fil des saisons : une fonte qui culmine à la fin de chaque période estivale, suivie d’une reprise des glaces une fois la saison froide revenue. Elle fluctuera également d’une année à l’autre au gré des variations annuelles. Ainsi, en réponse à un été particulièrement chaud en 2007, l’étendue de la banquise a atteint un niveau minimal record de 4,3 millions de km carrés, alors qu’une vague de grand froid prolongé à l’hiver 2010 entraîna une expansion de la banquise à plus de 15,2 millions de km carrrés à la fin du mois de mars.
Compte tenu de ces variations saisonnières et annuelles, il importe, pour analyser l’état de la banquise, de se concentrer sur les moyennes et les tendances à long terme, en prenant bien soin de comparer toujours les mêmes périodes. C’est ce que l’on peut voir sur les graphiques qui suivent (cliquez pour agrandir) :
Évolution de l'étendue de la banquise (en million de km2 - sur l'axe vertical) à la fin de l'été, à la fin de l'hiver et en moyenne pour toute l'année. - iii: voir Crédit-photo
Comme on peut le constater ci-haut, que ce soit à la fin de l'été, à la fin de l'hiver ou quelque soit la saison une constante demeure : l’étendue de la banquise a clairement tendance à diminuer au fil des années. Une diminution dont le rythme semble même s'accélérer, comme on peut le voir sur l'illustration suivante ( la pente de la moyenne à long terme est de plus en plus accentuée vers le bas au fil des décennies).
Étendue de la banquise depuis 1953. - iv: voir Crédit-photo
Attention, la glace est mince
Étendue de la banquise par rapport à la moyenne historique 1979-2000. La dernière donnée de 2009 représente la situation à la fin de l'été (fin septembre). - v: voir Crédit-photo
L’accélération de la fonte estivale de la banquise est particulièrement préoccupante pour deux raisons. D’abord, une portion de cette glace d’été qui disparaît constitue la couverture permanente de glace vraisemblablement formée il y a des centaines et des milliers d’années et, par conséquent, la plus dure et compactée. Or, la couverture de glace à la fin de l’été 2009 avait diminué du tiers par rapport au niveau moyen de 1979 à 2000, soit une réduction de 1,7 millions de km carrés, ou l’équivalent de trois fois la superficie de la France. La banquise avait une superficie de 5,36 millions de km carrés en septembre 2009, contre 8 millions de km carrés à la même époque il y a 30 ans. [3]
Ainsi, au fil des années comme on peut le voir sur les images compilées par le NSIDC – le National Snow and Ice Data Center - (voir figures ci-dessous), non seulement l'étendue de la glace, mais également son épaisseur, sa densité et son âge ne cessent de diminuer.
Ceci est confirmé par les études récentes sur l’épaisseur des glaces. Même au cours des deux dernières années où l’on assista à une légère progression de l’étendue de glace par rapport à la chute record de 2007, on assista à la poursuite de l’érosion de la vieille glace plus dense et plus épaisse (représentée en rouge dans la figure qui suit). [4]
Épaisseur et âge de la glace. - vii: voir Crédit-photo
C’est ce qui fait craindre à plusieurs chercheurs spécialistes du Grand Nord que d’ici 2030, possiblement, il n’y aura presque plus de glace durant l’été en Arctique [5]. Les changements se déroulent si rapidement, en fait, qu’ils défient les modèles des scientifiques. Les observations récentes (ligne verte de la figure suivante) montrent une détérioration beaucoup plus rapide de la couverture de glace que celle estimée par le dernier rapport du GIEC (courbe bleu). [6] À noter que les modèles retenus par le GIEC, très conservateurs, ne tenaient pas en compte la réduction de l’épaisseur de la glace, ni de l’effet albédo d’ailleurs. [7]
Albédo et domino
La disparition d’une portion toujours plus grande de la banquise durant les mois d’été et sa fonte rapide au printemps mettent en jeu directement la survie de plusieurs espèces de mammifères tels les ours polaires, les morses, certaines espèces de phoques, ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux marins [8].
À ces pertes de biodiversité s’ajoute également un phénomène fondamental aux conséquences majeures. La couverture annuelle de glace en Arctique joue un rôle très important dans le maintien de l’équilibre climatique de la planète. Nous avons tous entendu dire qu’il valait mieux porter des vêtements de couleurs claires durant les canicules d’été, car ces dernières absorbent moins les rayons du soleil. Cela est dû au phénomène physique de l’albédo. C’est ainsi que l’on nomme la capacité d’un objet de réfléchir la lumière. Une surface claire, blanche comme la neige par exemple, réfléchis les rayons solaires dans une proportion de 80 à 95 %, les retournant vers l’espace. On dit qu’elle a un albédo élevé. Les matériaux de couleur sombre et foncé, au contraire, absorbent les radiations solaires et emmagasinent l’énergie [9]. C’est ainsi qu’un terrain de stationnement asphalté retiendra la chaleur et fera monter le thermomètre de plusieurs degrés.
La banquise blanche réfléchit les rayons du soleil, les retournant vers l'espace. - ix: voir Crédit-photo
Les eaux libres plus sombres absorbent ces rayons et cette énergie, augmentant la température de l'eau. - x: voir Crédit-photo
Il en est de même en Arctique. La couverture permanente de neige et de glace réfléchit les rayons du soleil vers l’espace à plus de 90%, alors que les eaux libres plus sombres absorbent ces rayons et cette énergie, augmentant du fait même la température de l’eau. Ce réchauffement de l’eau a pour conséquence d’accélérer la fonte et l’érosion de la glace, créant ainsi un effet domino [10]. Plus l’étendue de glace fond, plus l’eau se réchauffe, et plus l’eau se réchauffe, plus la glace fond.
Outre l’impact majeur que la disparition de la banquise aura sur la vie des ours polaires, entre autres mammifères, le réchauffement climatique affecte déjà la vie des populations locales, chez les Inuits par exemple, menaçant la stabilité de toutes les infrastructures construites sur un pergélisol qui fond graduellement, en plus de chambouler complètement leur mode de vie. Et si cela n’était déjà pas suffisant, l’impact se fera sentir même au sud, à moyen et long terme. Attention de ne pas perdre le Nord
La disparition de la banquise durant les mois d’été exposera l’océan Arctique au rayonnement du soleil, lequel sera emmagasiné sous forme de chaleur accrue dans les eaux nordiques. Le réchauffement de l’eau, même s’il ne s’agit que de quelques degrés, aura pour effet d’accélérer le réchauffement de toute la région avec deux conséquences majeures.
Outre le fait que cela pourrait avoir une incidence sur la fréquence et l’intensité des canicules estivales au sud, une hausse des températures au Nord ne pourra qu’accélérer la fonte des glaciers du Groenland. Or, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Conseil international pour la science (CIUS), les travaux de recherche effectués durant l’Année polaire internationale (2007-2008) démontrent « clairement que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique perdent de leur masse, entraînant une hausse du niveau de la mer » et qu’il « s’avère aujourd’hui que le rythme de disparition de la glace s’accélère au Groenland » . [11]
Aussi, faut-il rappeler que le Groenland est recouvert d’un immense glacier de 1.8 million de km² et d’une épaisseur moyenne de 2,3 km. Il y a là suffisamment d’eau contenue pour faire augmenter le niveau des océans de 7 mètres s’il devait fondre complètement [12]. Heureusement, personne ne prévoit un tel scénario catastrophique. Cependant, on assiste déjà à une augmentation importante des surfaces de glace affectées par la fonte estivale (voir figure à droite, la portion orangée représentant les endroits sujets aux fontes estivales), ce qui pourrait se traduire par une accélération de la hausse du niveau des océans [13].
Exemple de thermokarst, affaissement de sol suite à la libération de poches de méthane. - xiii: voir Crédit-photo
La fonte de la banquise et l’accélération du réchauffement dans la région Arctique pourraient avoir un second impact majeur en entraînant la fonte du pergélisol. En effet, le sol gelé en permanence depuis des milliers d’années s’est réchauffé de 3°C depuis quelques décennies et commence à fondre à plusieurs endroits durant les mois d’été, déstabilisant les habitations et infrastructures nordiques construites autrefois sur un sol dur comme le roc [14]. Des coûts de reconstruction importants sont donc à prévoir.
Mais le pergélisol joue également un autre rôle crucial. Il sert de couverture, que l’on croyait étanche et permanente, au sous-sol de la toundra, très riche en matière organique en décomposition. Privée d’oxygène, cette matière enfouie depuis d’innombrables siècles s’est transformée en biogaz. Le dégel de la surface du sol laisse donc s’échapper ces poches de gaz méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO₂, entraînant un affaissement du sol (comme on peut le voir sur la photo xiii, montrant ce que l’on surnomme thermokarsts, de plus en plus répandus en Alaska et en Sibérie) . [15]
La fonte du pergélisol libère déjà près de 40 tonnes de carbone-équivalent par kilomètre carré, par année [16] . Or, selon les estimations récentes publiées en septembre 2008 dans le journal scientifique Bioscience, les régions nordiques nord-américaines, russes et européennes contiendraient, sous forme de méthane, l’équivalent de 1 672 milliards de tonnes de carbone sous cette surface gelée [17] . Ceci représente plus du double de la quantité de carbone actuellement dans l’atmosphère, une quantité qui est déjà problématique (voir Le grand cycle du carbone ). Ces gaz menacent de s’échapper et joindre l’atmosphère en quantité de plus en plus grande, avec le dégel.
Bien sûr, il ne s’agit encore que d’une estimation qui devra être confirmée. Évidemment, tout ne fondra pas d’un seul coup, et tout le gaz méthane ne sera pas totalement libéré. Et le réchauffement de la toundra permettra une progression plus grande, rapide et diversifiée de la végétation, ce qui permettra de capter, par photosynthèse, une petite partie du carbone ainsi libéré. Mais cela illustre bien, cependant, un des risques de dérapage climatique si nous n’agissons pas afin de freiner la hausse des températures. C’est ce que certains appellent un point de rupture. Cela démontre l’importance d’agir rapidement et efficacement afin de limiter autant que possible les émissions de carbone. Pour ce faire, une action politique concertée est nécessaire. Sur ce point, l’Europe donne l’exemple en imposant des quotas d’émissions de carbone aux entreprises depuis plus de quatre ans et en créant un marché du carbone, en encourageant par des bonus-malus l’achat de véhicules automobiles à faible consommation, en privilégiant massivement le développement du transport en commun, entre autres. Tout cela, dans le but de limiter à 2⁰C la hausse moyenne des températures prévues, seuil maximum à ne pas dépasser pour ne pas qu’il y ait emballement, selon l’estimation des experts. Réal Trépanier © 2010 Impact: Changements climatiques Pour en savoir plus sur le sujet...D'abord, comme une image vaut mille mots, nous vous invitons à découvrir le travail du photographe James Balog et son équipe de l'organisation Extreme Ice Survey. Depuis quelques d'années, ils parcourent le monde , installant des équipements photographiques de surveillance afin que tous puissent voir l'érosion des glaciers en Alaska, au Groenland et ailleurs sur la planète. Des appareils prennent des photographies à toutes les heures, suivant l'évolution de certains glaciers les plus importants de l'hémisphère nord. Nous vous suggérons d'abord un court vidéo de 44 secondes présentant leur travail. James Balog, lors d'une conférence enregistrée par le réseau TED.com, présente plus en détail son travail, les résultats obtenus et parle de l'impact très visible des changements climatiques en Arctique. Les portions les plus spectaculaires se situent à 8:50 minutes avec la situation du glacier Columbia, en Alaska, et à 14:30 minutes où il présente la situation d'un important glacier du Groenland. Mais toute la conférence vaut la peine d'être écoutée. Afin de visionner la conférence de James Balog, 2009, cliquez ici... (Le vidéo, d'une très bonne qualité, prend parfois quelques instants avant de démarrer. Pour un accès plus rapide mais de qualité un peu moindre, cliquez ici... ) Le site de l'organisation Extreme Ice Survey (en ligne ici...), en plus d'offrir une galerie de photos et de vidéos intéressantes, a une section éducative Learn About Glaciers & Climate Change qui vaut une visite. On peut y voir, entre autres, une vidéo de la formation d'un iceberg en moins de 2 minutes. Parmi les ressources en français, signalons le travail du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qui propose le site Recherches Polaires dans lequel on retrouve des articles intéressants, un glossaire complet, une galerie de photos, des liens et plus encore.. En mai 2010, Camille DE SALABERT, de l'INIST-CNRS, y présente un article de la revue Nature: Arctique: la banquise disparaît, le réchauffement climatique s'emballe Enfin, concernant l'exploitation pétrolière dans l'Arctique, un article fort intéressant de Louis-Gilles Francoeur, dans Le Devoir du 8 mai 2010 et intitulé htmlspecialchars_decode('«') Péril noir sous les glaces canadiennes htmlspecialchars_decode('«'), trace un tableau des risques associés au forage en mer Arctique, à la lumière de l'expérience du désastre écologique du puits Macondo, dans le Golfe du Mexique. à lire dans Le Devoir, Louis-Gilles Francoeur, en ligne ici...
Formation et dynamique d'un glacier. - xv: voir Crédit-photo
Références:[1] GIEC (2007), Quatrième rapport d’évaluation, Résumé technique – Groupe de travail 1 : The physical science basis. p.37. [2] JOUZEL J. et DEBROISE A, 2004, Le climat : jeu dangereux, Édition Dunod, Paris 212p. Voir le chapitre 9, Quelques prévisions pour le XXIe siècle, p.132 [3] NSIDC (National Snow and Ice Data Center) (2009). Arctic sea ice extent remains low; 2009 sees third-lowest mark (NSIDC), In Press Room, 6 octobre 2009. [4] Peter HOGARTH, Skepticalscience.com , Arctic Sea Ice (Part 1): Is the Arctic Sea Ice recovering? A reality check. Disponible ici... [5] Francoeur, L.-G. (2008) article du journal Le Devoir du 24 avril 2008. L’équilibre climatique en péril, dans lequel le journaliste rapporte les paroles de Louis Fortier, scientifique de réputation internationale, professeur à l’Université Laval, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la réponse des écosystèmes marins arctiques au réchauffement climatique et directeur scientifique d’ArcticNet. L’article est disponible ici... [6] Netherlands Environmental Assessment Agency PBL, Royal Netherlands Meteorological Institute KNMI, Wageningen University and Research Centre WUR, (2009). News in Climate Science and Exploring Boundaries - A Policy brief on developments since the IPCC AR4 report in 2007. Disponible ici... p. 15 de 52p. [7] Francoeur, L.-G. (2008) rapportant les paroles de Louis Fortier. Id. L’article est disponible ici... [8] Lemire J. (2007) article du journal La Presse du 3 novembre 2007. Minuit moins cinq en Arctique. Le biologiste et cinéaste bien connu y affirme que « Les mammifères marins de l’Arctique, comme l’ours polaire, certaines espèces de phoques ou le morse, et plusieurs espèces d’oiseaux marins, disparaîtront rapidement, incapables de s’adapter à ce monde qui change trop rapidement. Toute l’imagerie de l’Arctique semble désormais condamnée si rien n’est fait à très court terme. » [9] Voir VILLENEUVE C. et RICHARD F. (2007) Vivre les changements climatiques, réagir pour l’avenir, Éditions MultiMondes, 449p., chapitre 2. p.17 pour une explication plus détaillée du phénomène de l’albédo. Un ouvrage vraiment complet et d’une très grande qualité. [10] NSIDC (National Snow and Ice Data Center) (2008). Why is Arctic sea ice important? In Quick Facts on Arctic Sea Ice. Disponible ici... [11] CIUS, OMM (2009) La recherche polaire met en évidence les transformations de l’environnement planétaire. Communiqué conjoint de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Conseil international pour la science (CIUS) faisant état des travaux de recherche pluridisciplinaires effectués durant l’Année polaire 2007-2008. Disponible ici... Le rapport sur l’État de la recherche polaire est, quant à lui, disponible ici... [12] European Space Agency (ESA) (2006). Satellite data yields major results in Greenland glaciers study. Publié le 21 février juillet 2006 et disponible ici.. [13] ACIA (2004). Scientific Report. Voir chapitre 6, Cryosphere and hydrology, écrit par Walsh J. et al, qui brosse un portrait complet de la situation, ou la p. 184 pour un bref sommaire. Disponible ici... [14] Voir VILLENEUVE C. et RICHARD F. (2007) Vivre les changements climatiques, réagir pour l’avenir, Éditions MultiMondes, 449p., chapitre 8, p.182 [15] Notre-planète.info 2008. La fonte du permafrost libérera plus de gaz à effet de serre que prévu. [16] VILLENEUVE C. et RICHARD F. (2007) Vivre les changements climatiques, réagir pour l’avenir, Éditions MultiMondes, 449p., chapitre 8, p.182 [17] University of Florida (2008) Bad Sign For Global Warming: Thawing Permafrost Holds Vast Carbon Pool. Science Daily du 7 septembre 2008. L’étude complète publiée dans Bioscience est disponible ici... Crédit-photo i: Photo tirée de: Année polaire internationale (2007), Fonte de la banquise en Arctique s’accélère. Disponible ici... ii: Banquise sur la côte du Groenland, Credit- Andy Mahoney, Disponible sur le site de la NSIDC Photo Gallery iii: Graphique tiré de Peter HOGARTH, Skepticalscience.com, Arctic Sea Ice (Part 1): Is the Arctic Sea Ice recovering? A reality check. Disponible ici... iv: Id. v: Graphique tiré de NSIDC (National Snow and Ice Data Center) (2009). Arctic sea ice extent remains low; 2009 sees third-lowest mark (NSIDC), In Press Room, 6 octobre 2009. vi: Tiré d'une animation de la NSIDC vii: Illustrations et graphique tiré de Peter HOGARTH, Skepticalscience.com, Arctic Sea Ice (Part 1): Is the Arctic Sea Ice recovering? A reality check. Disponible ici... viii: Graphique tiré de Netherlands Environmental Assessment Agency PBL, Royal Netherlands Meteorological Institute KNMI, Wageningen University and Research Centre WUR, (2009). News in Climate Science and Exploring Boundaries - A Policy brief on developments since the IPCC AR4 report in 2007. Disponible ici... p. 15 de 52p. ix: 5 Tiré de NASA (2007). Remarkable Drop in Arctic Sea Ice Raises Questions Voir l’article et l’animation sur l’effet albédo x: Id. xi: Source : Greenpeace, disponible au http://www.greenpeace.org/international/photosvideos/photos/polar-bear-in-arctic xii: Source : ACIA (2004). L’Arctic Climate Impact Assessment met une série de graphiques en ligne, disponibles à l’adresse[ http://amap.no/acia/]url: http://amap.no/acia/. xiii: Source : Notre-planète.info (2008) La fonte du permafrost libérera plus de gaz à effet de serre que prévu. Disponible sur le site http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1750.php xiv: Source : ACIA (2004). Impacts of a Warming Arctic: Arctic Impact Assessment, p.11 . Disponible au [ http://amap.no/acia/]url: http://amap.no/acia/, version pdf du sommaire exécutif. xv: Source: Extreme Ice Survey , section éducative Learn About Glaciers & Climate Change Real Trepanier
12 Mai 2010
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Où va le CO₂ qu'on émet?CAPSULE-CLIMATIQUE:
Les émissions de CO₂ dues aux énergies fossiles (9,1 Gt de carbone, ou 33,4 Gt de CO₂) et aux changements d'usage des terres (principalement la déforestation: 0,9 Gt de carbone, soit 3,3 Gt de CO₂) en 2010, excèdent largement la capacité d'absorption des écosystèmes. On estime que les océans ont été en mesure d'en absorber 24%, la végétation environ 26%, de sorte que 50% des émissions sont venus gonfler la concentration de CO₂ dans l'atmosphère, à plus de 389,6 ppm, accentuant ainsi l'effet de serre. Source: Global Carbon Project (disponible ici...)
Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?CAPSULE-CLIMATIQUE:Oui, définitivement. Il est à son niveau le plus élevé depuis 650 000 ans... Voyez par vous-même!
L'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) depuis le début de l'ère industrielle explique de façon prépondérante la hausse de température observée et prévue. Jamais au cours des derniers 650 000 ans, comme l'indique la courbe en rouge du graphique ci-dessus, la concentration de CO₂ n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, confirmait le GIEC. Il en est de même pour les autres GES comme le méthane (CH4 , courbe bleue) ou l'oxyde nitreux (N2O , courbe verte ci-dessus).
Cette concentration de CO₂ atteignait 390 ppm en novembre 2011, un niveau record. Elle était à moins de 280 ppm au début de l'ère industrielle. Elle est mesurée à plusieurs endroits dans le monde depuis le début des années 1960, dont au Laboratoire du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à Mauna Loa, Hawaï. Les données historiques plus lointaines sont tirées, pour leurs parts, de l'analyse des carottes de glace (voir à ce sujet: La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?) L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?CAPSULE-CLIMATIQUE:Absolument pas. C'était déjà connu du temps de votre grand-père et de votre arrière grand-père!
En fait, c'est à l'astronome britannique William Herschel (1738-1822), en 1800, que l'on doit la découverte des rayons infrarouges, ces rayons électromagnétiques d'une longueur d'onde supérieure à la lumière visible, mais un peu plus courte que celle des micro-ondes (utilisés dans votre four à micro-ondes). Les rayons infrarouges sont également souvent associés à la chaleur; (c'est d'ailleurs selon ce principe que fonctionnent la plupart des détecteurs de mouvement dans les systèmes d'alarmes ou dans les lumières de sécurité).
La vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, le fameux CO2, ont quant à eux été identifiés comme les principaux responsables de l'effet de serre par John Tyndall (1820-1893), en 1861, car ils avaient la capacité de bloquer les rayons infrarouges au niveau de l'atmosphère, ce qui a pour effet d'y retenir la chaleur. Il suggérait même, déjà à l'époque, qu'un changement dans la composition de l'atmosphère pourrait influencer l'évolution du climat (1)
Donc, ce n’est pas d’hier que l’on a identifié le CO₂ comme une menace à l’équilibre climatique. D'ailleurs, dès 1896 un Suédois, Svante Arrhenius (1859-1927) , prix Nobel de chimie, estimait qu’un doublement de la concentration de CO₂ entraînerait vraisemblablement une hausse des températures de 1,5 à 5 oC (2). Il reconnaissait déjà le fait que d’augmenter la concentration d’un gaz à effet de serre, en réchauffant l’atmosphère, enclencherait une série de réactions, dont une hausse de l’évaporation des masses d’eau. Cette augmentation de la quantité de vapeur d’eau, en amplifiant l’effet de serre, accélérerait davantage le réchauffement, entraînant encore plus d’évaporation et encore plus d’effet de serre (réaction en boucle), surmultipliant ainsi l’effet initial dans divers mécanismes de rétroaction. Heureusement, il ne s’agit pas d’une boucle sans fin, car l’évaporation entraînant un accroissement de la formation et de la densité des nuages, elle provoque ainsi un écran pour les rayons solaires, moins nombreux à réchauffer le sol. Ainsi, un nouvel équilibre s’établit, mais celui-ci se produit à un niveau de température sensiblement plus élevé. Bref, cela fait longtemps que tout cela est connu. Cela fait longtemps que l'on sait mesurer, avec une précision de plus en plus grande, la concentration de chaque gaz dans l'atmosphère ainsi que leur potentiel de réchauffement global. (Pour en savoir plus, voir: L'effet de serre, c'est quoi?) Suggestions de lectureVivre les changements climatiques: Réagir pour l'avenirde Claude Villeneuve et François Richard
Les changements climatiques qui se font sentir sur toute la planète sont là pour rester. D’où viennent-ils ? Quelles en sont les conséquences et la portée ? Comment s’y adapter ? Quelles actions entreprendre pour en réduire l’ampleur ? Vivre les changements climatiques. Réagir pour l’avenir livre à la fois les explications de base pour comprendre le problème et les plus récentes informations sur le phénomène.
Il est désormais reconnu que le réchauffement du climat est occasionné par les humains en raison de l’augmentation de la population mondiale et de l’activité économique pratiquée sans souci de l’environnement. Mais, cette corrélation n’est pas immuable, expliquent les auteurs de ce livre : l’émergence de nouvelles technologies, des incitations économiques et légales, et même les gestes et les choix des citoyens peuvent contribuer significativement à modifier son intensité. Cette troisième édition de Vivre les changements climatiques a été considérablement revue et augmentée pour tenir compte des données et des événements les plus récents, entre autres du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). Claude Villeneuve est biologiste, professeur, chercheur et directeur de la Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi. HOT AIR; Meeting Canada's Climate Change Challenge de Jeffrey Simpson, Mark Jaccard et Nic Rivers Voici un ouvrage clair et crédible pour les Canadiens soucieux de comprendre le dossier des changements climatiques dans le contexte canadien- et qui offre des solutions. Excellent travail de collaboration entre un des plus grands experts au Canada sur l'environnement, Mark Jaccard, Nic Rivers, un chercheur qui travaille avec lui à l'Université Simon Fraser et Jeffrey Simpson, le très respecté journaliste du Globe and Mail, qui livre le tout dans un message clair et sans complaisance. Ce livre débute par une description de la menace climatique pour le Canada. Puis il explique comment les Canadiens ont été endormis par leurs politiciens ( "On s'en occupe") et certains de leurs industriels ( «les choses ne sont pas si pire, des lignes directrices volontaires sont suffisantes"). Tout cela, bien entendu, renforce les mythes que de nouvelles politiques énergiques ne sont pas nécessaires. Hot Air expose ensuite en termes facilement compréhensibles, des politiques très simples que le Canada pourrait adopter tout de suite afin de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. Il montre même comment ces politiques pourrait être conçues pour avoir un minimum d'effets négatifs. Avec l'exemple d'autres pays qui s'attaquent avec succès aux changements climatiques, Hot Air montre pourquoi ces dernières, selon les auteurs, sont les seules politiques qui fonctionnent - et pourquoi il est urgent d'agir. (Livre en anglais seulement) |
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