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3. La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?

« Pour parler de réchauffement, il faudrait d’abord connaître la température de la Terre il y a 1 000, 10 000 ou 500 000 ans. Comment est-ce possible? Le thermomètre n’existait même pas! »



Retour sur les climats passés

Il est vrai que le premier « thermoscope » a été inventé par Galilée en 1597, un instrument ouvert et sans échelle de gradation, et que le premier vrai thermomètre scellé et gradué est apparu en 1646 grâce à Torricelli, en Toscane [1]. Il existe cependant plusieurs autres façons de déterminer avec une grande précision le temps qu’il a fait à des époques fort lointaines. Les spécialistes des climats passés, les paléoclimatologues, vous invitent à découvrir comment, dans un voyage qui vous fera remonter le temps.

La paléoclimatologie est la science qui étudie les climats passés. Elle a pour but de reconstituer les conditions climatiques ayant régnées à la surface de la Terre et d’en expliquer l’évolution. Pour se faire, les paléoclimatologues récoltent des indices laissés par la nature : petits coquillages, fragments de plantes, pollens, fossiles d’animaux enfouis dans des sédiments marins ou pris au piège dans la glace, par exemple. Leur coffre à outils fait appel à de multiples disciplines : la chimie, la géologie, la zoologie et la botanique entre autres. Mais l’application de nouvelles connaissances en chimie physique dans les années 50 et l’amélioration des technologies de forage des carottes de glace ont toutefois révolutionné la discipline [2] , permettant de créer littéralement une machine à voyager dans le temps!
[i: carotte de glace; voir Crédit-photo]
[i: carotte de glace; voir Crédit-photo]

Une machine à remonter le temps : son fonctionnement

[ii: voir Crédit-photo]
[ii: voir Crédit-photo]
S’il est vrai que le thermomètre est une invention plutôt récente, les glaces au Groenland et en Antarctique tout comme les sédiments marins recèlent d’indices et de marqueurs permettant de déterminer avec une précision stupéfiante le climat qui régnait il y a des centaines de milliers d’années. En particulier, les minuscules bulles d’air piégées dans la glace constituent effectivement de petits échantillons de la composition de l’air au moment où la glace s’est formée. De plus, l’analyse chimique de la composition de cette glace entre ses différents isotopes permet de reconstituer l’évolution des températures.

3.  La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?
Comme on le sait, l’eau est composée de 2 atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène (H₂O). Or chacun de ces éléments se retrouve dans la nature sous deux formes principales, qu’on nomme isotope. Ainsi, l’oxygène est très majoritairement formé d’isotope 16 (¹⁶ O), mais également d’isotope 18 (¹⁸ O), un peu plus lourd. (Pour plus de détails sur les isotopes, voir la capsule à la fin du texte)

Comme elles sont légèrement plus lourdes, les molécules d’eau formées d’isotopes ¹⁸O ont besoin d’un peu plus de chaleur pour s’évaporer. La quantité que l’on retrouve dans les nuages augmente donc avec la température.

On doit au jeune climatologue danois Willi Dansgaard, en 1952, une autre observation majeure. Il se mit à recueillir des échantillons de pluie pris à différents endroits et différents moments, et à en analyser la composition isotopique. Il observe que plus il fait froid à un endroit, moins il y a d’isotopes 18 présents dans la pluie. En raison de leur lourdeur relative, les molécules d’eau contenant des ¹⁸O ont tendance à condenser et retomber en pluie ou en neige un peu plus rapidement que les autres lorsque l’air se refroidit. Ainsi, il réussit à établir une relation précise directe entre la température de l’air et la composition isotopique des précipitations. La composition de l’eau de pluie indique donc la température qu’il fait. Plus il fait chaud, plus on retrouvera d’isotopes ¹⁸O dans l’eau de pluie. [3]

[iii:  cycle de l'eau; voir Crédit-photo]
[iii: cycle de l'eau; voir Crédit-photo]

Comme les grandes masses d’air humide migrent des tropiques vers les pôles, elles transportent avec elles une certaine quantité d’eau formée d’ ¹⁸O. Les années où il fait relativement plus chaud, la quantité qui se rendra jusqu’au pôle est plus grande que celles où il fait plus froid. On peut donc mesurer la température à partir du rapport d’ ¹⁸O / ¹⁶O; ce qu’on appelle un thermomètre isotopique. Pièce centrale au cœur de notre machine à remonter le temps!

Des archives au cœur des glaces

[iv:  couches annuelles de neige commençant à se transformer en glace [v]:  forage de carottes de glace; voir Crédit-photo]
[iv: couches annuelles de neige commençant à se transformer en glace [v]: forage de carottes de glace; voir Crédit-photo]
Les glaciers étant formés de l’accumulation des précipitations, généralement sous forme de neige, sur des centaines et des milliers d’années, les glaces aux pôles constituent des archives extraordinaires sur les climats passés. Comme pour la coupe d’un tronc d’arbre sur lequel on peut voir les cernes annuels de croissance, il est possible de voir les couches annuelles compressées dans les carottes de glace. Plus vous forez profondément, plus vous reculez dans le temps. Au Groenland, il est possible de retourner plus de
400 000 ans en arrière. En Antarctique, avec des forages de plus de 3km de profondeur, il est possible de reculer de 740 000 ans.

[vi:  première coupe et  [vii] examen d'une carotte de glace ; voir Crédit-photo]
[vi: première coupe et [vii] examen d'une carotte de glace ; voir Crédit-photo]
L’analyse de l’oxygène contenu dans l’eau de fonte de la glace pour chaque tranche annuelle permet de déterminer la température moyenne de l’année en question. Chaque année la neige s’accumule, emprisonnant des microbulles d’air. En analysant ces microbulles, les scientifiques peuvent reconstituer la composition de l’atmosphère au moment où ces précipitations sont tombées et ainsi déterminer la quantité de CO₂ et de méthane qui prévalait alors. On peut même y noter la hausse des concentrations en plomb à l’époque de l’Empire romain, ainsi que dater chaque éruption volcanique majeure, dont les poussières sont venues souiller la neige, à l’époque. [4]

Plusieurs indices convergent

Afin de bien calibrer l’invention (la machine à remonter le temps!), il est important de faire des vérifications croisées; vérifier et concilier les résultats obtenus à différents endroits en Arctique et en Antarctique, et à partir de différentes méthodes. Cela permet d’ajouter à la précision et de réduire certaines incertitudes qui demeurent toujours, plus on s’éloigne loin dans le passé. Car, malgré toute la rigueur que les équipes de scientifiques y mettent, cela restera toujours des lectures de températures indirectes, des "proxy" qui sont évidemment perfectibles. D'où l'importance d'utiliser plusieurs méthodes et études différentes, comme l'analyse en milieu marin. L’analyse de carottes de sédiments océaniques et celle des dépôts de coraux sont également basées sur l’analyse isotopique de l’oxygène contenu dans les couches des petits coquillages et de corail, lesquels contiennent plus ou moins d’ ¹⁸O selon les périodes et la température de l’eau.
[viii: entreposage d'échantillons de carottes de glace et [ix] forage sédiments marins; voir Crédit-photo]
[viii: entreposage d'échantillons de carottes de glace et [ix] forage sédiments marins; voir Crédit-photo]

Pour l’étude des climats des derniers 10 000 ans, et encore davantage pour les derniers 2 ou 3 milliers d’années, la dendrochronologie, c’est-à-dire l’étude des cernes de croissance annuelle des arbres, est une méthode fournissant une grande précision sur les conditions de chaleur et de pluviosité, « précise à l’année près» confirme le GIEC [5]. Mais comme la température ne constitue pas le seul facteur de croissance, il s'agit, encore ici, d'estimation approximative. Cette méthode, en effet, ne permet de juger plus précisément les températures que dans certaines zones les plus nordiques où la température moyenne constitue le principal facteur limitant la croissance. Il est donc important de considérer l'ensemble des méthodes pour obtenir un portrait plus précis.

Bref, ces recherches effectuées par plusieurs équipes de chercheurs à différents endroits dans le monde et venant de plusieurs pays convergent. Des travaux qui ont été revus, analysés, critiqués et confirmés par les diverses équipes du GIEC.
[x: Cernes annuels - dendrochronologie et [xi] cernes annuels dans carotte de glace; voir Crédit-photo]
[x: Cernes annuels - dendrochronologie et [xi] cernes annuels dans carotte de glace; voir Crédit-photo]

Attachez vos ceintures!

Nous démarrons la machine et reculons de 650 000 ans! Attendez-vous à un peu de turbulence, quelques poches d’air car le trajet montre de grandes fluctuations, des pics et des creux impressionnants. Voyez d’ailleurs le parcours à la figure ci-après .[6]

[xii: voir Crédit-photo]
[xii: voir Crédit-photo]

[xiii: Camp en Antarctique; voir Crédit-photo]
[xiii: Camp en Antarctique; voir Crédit-photo]
On peut constater, au premier graphique, que les concentrations de CO₂ (en rouge) et de méthane (en bleu) ont fortement fluctué avec la température (en noir), ici exprimée en concentration isotopique de Deutériem (²H). Le second graphique [7] présente la température cette fois convertie en degré Celsius, telle qu’établie par deux équipes différentes de chercheurs (EPICA, consortium européen; Vostok, équipe russe), à deux endroits différents en Antarctique. Remarquons la consistance des résultats d’une étude à l’autre, mais retenons également le rythme d’accroissement sans précédent dans la hausse des concentrations de CO₂ et de méthane (CH₄) ces dernières années (temps 0, à droite sur le premier graphique).

La technologie au service de la recherche

À n’en pas douter, la technologie a fait des pas de géant au cours des 25 dernières années. Le système de surveillance climatique actuel a à sa disposition des ressources impressionnantes : 10 000 stations météorologiques d’observation terrestre, 1 000 stations aérologiques (envois simultanés de sondes afin de mesurer divers paramètres de l’atmosphère à différentes altitudes), 7 300 navires, plus de 100 bouées ancrées et 1000 bouées dérivantes, des centaines de radars, 3 000 avions commerciaux et plus de 15 satellites.

Orchestré par l’Organisation météorologique mondiale, ce système de surveillance sert non seulement aux prévisions à court terme de la météo, mais également à l’analyse et la compilation des données concernant la concentration des gaz à effet de serre, l’intensité des rayons ultraviolets, les quantités d’aérosols (particules en suspension dans l’air) et d’ozone, etc.[8]
[xiv: lancement de sonde; [xv] Station météorologique; [xvi] équipement détection CO2; [xvii] satellite de surveillance; voir Crédit-photo]
[xiv: lancement de sonde; [xv] Station météorologique; [xvi] équipement détection CO2; [xvii] satellite de surveillance; voir Crédit-photo]

Depuis les années 1880, la température de l'air et de l'eau a été mesurée régulièrement à un nombre suffisant de stations de météorologie à travers le monde pour que l'on puisse calculer le température moyenne globale de chaque année. Ces données précieuses accumulées sur plus de 125 ans ont également permis de calibrer et de valider les différentes méthodes d'estimation utilisées par les paléoclimatologues.

Lorsque l’on examine la tendance des températures actuelles, telles que fournies par les systèmes de surveillance climatique, par rapport à celles des années 1880, on voit clairement que le problème du réchauffement est vraiment « global ». On constate, à la figure ci-après [9], que le réchauffement notable des températures au cours des mois de juin à août (tel qu’ici illustré), depuis 1880, touche tout le monde sur la planète. Et, nous avertissent les scientifiques du GIEC, ce ne serait qu’un début!

Global Climate at a Glance Mapping System
[xviii: Voir note 10]
[xviii: Voir note 10]

Pour en savoir plus...

Pour en savoir plus sur le forage des carottes de glace en Antarctique, visionnez le court vidéo, du West Antarctic Ice Sheet Divide, montrant le quotidien d’une équipe de chercheurs américains basée en Antarctique. Très intéressant!

Sur YouTube, au : West Antarctica Ice Sheet Divide




Et pour en savoir plus sur le forage des carottes sédimentaires océaniques, visionnez le vidéo sur le programme Promess1 auquel participe l'Ifremer (l'Institut français de rechercher pour l'exploitation de la mer)

Sur Géosciences marines - Ifremer : Les archives du climat forées en Méditerranée: Une promesse de 500 000 ans






Capsule: La chimie, ce n’est pas sorcier - les isotopes

3.  La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?
L’eau est composée de 2 atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène (H₂O). Or chacun de ces éléments se retrouve dans la nature sous deux formes principales. Ainsi, 99,76 % des atomes d’oxygène sont composés de 8 électrons tournant autour d’un noyau formé de 8 protons et de 8 neutrons; on parlera de l’isotope 16 de l’oxygène - somme du nombre de protons(8) et de neutrons(8), et présenté sous le symbole ¹⁶ O. Mais on retrouve également des atomes d’oxygène possédant plutôt 10 neutrons; il s’agit donc de l’isotope 18 (¹⁸ O). Beaucoup plus rare, on ne le rencontre que dans 0,20% des cas. Cela est aussi vrai pour l’hydrogène que l’on retrouve dans 99,985 % des cas sous forme ¹ H (noyau constitué d’un seul proton, aucun neutron), et dans 0,015 % sous forme isotopique ² H (un proton + un neutron), parfois appelé Deutérium.

Tous les isotopes d’un même élément ont les mêmes propriétés chimiques, mais pas tout à fait les mêmes propriétés physiques. Par exemple, les deux isotopes d’oxygène vont se lier aussi facilement à l’hydrogène pour former des molécules d’eau. Par contre, les isotopes ¹⁸ O sont légèrement plus lourds, la masse étant concentrée dans les protons et les neutrons, plus nombreux dans ce dernier cas.[10] Comme elles sont légèrement plus lourdes, les molécules d’eau formées d’isotopes ¹⁸ O ont besoin d’un peu plus de chaleur pour s’évaporer. La quantité que l’on retrouve dans les nuages augmente donc avec la température.

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Réal Trépanier

© 2009 Impact: Changements climatiques

RÉFÉRENCES: pour en savoir plus sur le sujet...


[1] L’Internaute Science – Invention Thermomètre – L’encyclopédie des inventions. Disponible sur le site L'internaute Science - L'encyclopédie des inventions
[2] Voir à ce sujet le site du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) La Paléontologie, disponible au CNRS.fr Paleoclimatologie
[3] Voir JOUZEL J. et DEBROISE A, 2004, Le climat : jeu dangereux, Édition Dunod, Paris 212p. pour une description de différentes méthodes de mesure isotopique afin de déterminer les climats passés.
[4] Le livre exceptionnel de Claude Villeneuve et François Richard (2007) Vivre les changements climatiques, réagir pour l’avenir, Éditions MultiMondes, 449p., couvre avec beaucoup de détails cette recherche du climat passé.
[5] GIEC (2007), Paleoclimate. In : Climate Change 2007 : The physical Science Basis, Contribution of Working Group I to the Fourth Assessment Report, extrait/traduction libre p.438 chapitre 6. Disponible sur le site du GIEC au GIEC/IPCC, Résumé technique - Groupe de travail 1: The physical science basis - chapitre 6
[6] GIEC (2007), Quatrième rapport d’évaluation, Résumé technique – Groupe de travail 1 : The physical science basis. p.24 Disponible sur le site du GIEC/IPCC au : GIEC/IPCC, Résumé technique - Groupe de travail 1: The physical science basis
[7] Graphique provenant du site Global Warming Act, est disponible au : http://www.globalwarmingart.com/wiki/Image:Ice_Age_Temperature_Rev_png
[8] À ce sujet, voir ORGANISATION MÉTÉOROLOGIQUE MONDIALE (s.d.) WMO at a glance, WMO No.990, disponible sur le site de l’organisation au The World Meteorological Organization at a glance, ainsi que le site Organisation météorologique mondiale - Observations
[9] Tiré des la présentation de SALOMON, S., (2007) Les Bases scientifiques physiques du changement climatique : Groupe de Travail 1 du GIEC, à la Royal Society Anglaises, Londres, Mars 2007. Disponible au:Les Bases scientifiques physiques du changement climatique, Susan Salomon. Graphique original tiré du site de NOAA Satellite and Information Service du National Climatic Data Center – US Department of Commerce. Disponible au National Climatic Data Center - NOAA Satellite and Information Service
[10] Pour en savoir sur la composition et les propriétés de l’eau, voir OLIVIER, JM. (2007), Chimie de l’environnement, 5e édition, Production Jacques Bernier, 312p.





Crédit-photo:

i. Photo tirée du site World Data Center for Paleoclimatology, branche du National Oceanic and Atmospheric Administration, disponible au NCDC-NOAA Paleoclimatology
ii. Photo tirée du site Science Education Resource Center (SERC) at Carleton College, Teaching Climate Change: Lessons from the Past, disponible au Carleton College, Teaching Climate Change
iii. Photo provenant de Wikipedia.org disponible au http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Cycle_de_l%27eau.png
iv. Photo illustrant le dépôt des couches de neige annuelles, lesquelles se transformeront en strate de glace sous l’effet du temps et de la pression. Tirée du site de Guillaume Dargaud, un excellent site qui montre en détail le travail quotidien des scientifiques basés en Antarctique. Disponible au Surface glaciology at Dome C Antarctica- G.Dargaud
v. Photo provenant du West Antarctic Ice Sheet Divide (WAIS Divide) Ice Core, un projet de recherche américain financé par le National Science Fondation. Leur site fournit beaucoup d’information sur l’étude des carottes de glace ainsi qu’une galerie photo très riche, disponible au WAIS Divide/Gallery. Photo montrant la foreuse en action; légende « Run #65 Photo: ICDS, 2006 »
vi. Id., WAIS Divide/Gallery. Scie horizontale effectuant la première coupe sur la carotte; Credit: Photo courtesy of Eric Cravens (USGS/NICL, 2007)
vii. Id., WAIS Divide/Gallery. Une scientifique du Desert Research Institute, Rebecca Anderson, examine une section de carotte de glace; Credit: Photo courtesy of Kendrick Taylor (DRI, 2008)
viii. Photo tirée de NOAA Paleoclimatology, du National Climatic Data Center, North Carolina, disponible au NCDC-NOAA Paleoclimatology
ix. Photo tirée du site du National Climatic Data Center Paleo Slide SET : Coral Paleoclimatology; disponible au NCDC-NOAA Paleoclimatology « Extracting core with hydraulic drill on a Porites lobata colony, Clipperton Atoll »
x. Photo tirée du site du National Climatic Data Center Paleo Slide SET : Tree Rings; disponible au NCDC-NOAA Paleoclimatology
xi. Photo tirée du document Ice Core Procedure, montrant les strates annuelles à l’intérieur d’une carotte de glace. Disponible sur le site www1.nasa.gov/pdf/186121main_Ice_Core_Procedures
xii. Premier graphique est tiré de : GIEC (2007), Quatrième rapport d’évaluation, Résumé technique – Groupe de travail 1 : The physical science basis. p. 24; Le deuxième graphique provient du site Global Warming Act, est disponible au : http://www.globalwarmingart.com/wiki/Image:Ice_Age_Temperature_Rev_png ; les deux premières courbes montrent les changements dans les températures locales à deux sites différents en Antarctique, telles que dérivées par les mesures isotopiques. Les courbes proviennent t de carottes de glace analysées par le Consortium Européen EPICA (données de Petit et al. 1999)
xiii. Photo provenant du West Antarctic Ice Sheet Divide (WAIS Divide) Ice Core, disponible au WAIS Divide/Gallery. Photo montrant un camp de base en Antarctique; Photo :J. Souney (UNH)
xiv. Photo provenant de Wikipedia.org disponible au http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Ballon_radiosonde_f.jpg
xv. Photo provenant du site National Schools’ Observatory, The LT Weather Station – Image Courtesy of Robert Smith, disponible au National Schools' Observatory
xvi. Photo provenant du site du NOAA Earth System Research Laboratory, montrant divers équipements au Centre d’observation de Mauna Loa, Hawaiï. Disponible au NOAA Earth System Research Laboratory
xvii. Photo provenant du site de la NASA. Crédit NASA/JPL. Disponible au NASA photojournal
xviii. Voir note 9









Real Trepanier
22 Janvier 2010






Consensus scientifique:

Les organisations scientifiques mondiales se prononcent sur les changements climatiques:

Cliquez sur le titre pour voir un extrait de la position officielle




Où va le CO₂ qu'on émet?

CAPSULE-CLIMATIQUE:

Où va le CO₂ qu'on émet?
Les émissions de CO₂ dues aux énergies fossiles (9,1 Gt de carbone, ou 33,4 Gt de CO₂) et aux changements d'usage des terres (principalement la déforestation: 0,9 Gt de carbone, soit 3,3 Gt de CO₂) en 2010, excèdent largement la capacité d'absorption des écosystèmes. On estime que les océans ont été en mesure d'en absorber 24%, la végétation environ 26%, de sorte que 50% des émissions sont venus gonfler la concentration de CO₂ dans l'atmosphère, à plus de 389,6 ppm, accentuant ainsi l'effet de serre. Source: Global Carbon Project (disponible ici...)


Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Oui, définitivement. Il est à son niveau le plus élevé depuis 650 000 ans... Voyez par vous-même!

Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?
L'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) depuis le début de l'ère industrielle explique de façon prépondérante la hausse de température observée et prévue. Jamais au cours des derniers 650 000 ans, comme l'indique la courbe en rouge du graphique ci-dessus, la concentration de CO₂ n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, confirmait le GIEC.  Il en est de même pour les autres GES comme le méthane (CH4 , courbe bleue) ou l'oxyde nitreux (N2O , courbe verte ci-dessus).

Cette concentration de CO₂ atteignait 390 ppm en novembre 2011, un niveau record. Elle était à moins de 280 ppm au début de l'ère industrielle. Elle est mesurée à plusieurs endroits dans le monde depuis le début des années 1960, dont au Laboratoire du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à Mauna Loa, Hawaï. Les données historiques plus lointaines sont tirées, pour leurs parts, de l'analyse des carottes de glace (voir à ce sujet: La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?)






L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Absolument pas. C'était déjà connu du temps de votre grand-père et de votre arrière grand-père!

En fait, c'est à l'astronome britannique William Herschel (1738-1822), en 1800, que l'on doit la découverte des rayons infrarouges, ces rayons électromagnétiques d'une longueur d'onde supérieure à la lumière visible, mais un peu plus courte que celle des micro-ondes (utilisés dans votre four à micro-ondes). Les rayons infrarouges sont également souvent associés à la chaleur; (c'est d'ailleurs selon ce principe que fonctionnent la plupart des détecteurs de mouvement dans les systèmes d'alarmes ou dans les lumières de sécurité).

La vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, le fameux CO2, ont quant à eux été identifiés comme les principaux responsables de l'effet de serre par John Tyndall (1820-1893), en 1861, car ils avaient la capacité de bloquer les rayons infrarouges au niveau de l'atmosphère, ce qui a pour effet d'y retenir la chaleur.  Il suggérait même, déjà à l'époque, qu'un changement dans la composition de l'atmosphère pourrait influencer l'évolution du climat (1)



L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?


Donc, ce n’est pas d’hier que l’on a identifié le CO₂ comme une menace à l’équilibre climatique. D'ailleurs, dès 1896 un Suédois, Svante Arrhenius (1859-1927) , prix Nobel de chimie, estimait qu’un doublement de la concentration de CO₂ entraînerait vraisemblablement une hausse des températures de 1,5 à 5 o(2). Il reconnaissait déjà le fait que d’augmenter la concentration d’un gaz à effet de serre, en réchauffant l’atmosphère, enclencherait une série de réactions, dont une hausse de l’évaporation des masses d’eau. 

Cette augmentation de la quantité de vapeur d’eau, en amplifiant l’effet de serre, accélérerait davantage le réchauffement, entraînant encore plus d’évaporation et encore plus d’effet de serre (réaction en boucle), surmultipliant ainsi l’effet initial dans divers mécanismes de rétroaction. Heureusement, il ne s’agit pas d’une boucle sans fin, car l’évaporation entraînant un accroissement de la formation et de la densité des nuages, elle provoque ainsi un écran pour les rayons solaires, moins nombreux à réchauffer le sol. Ainsi, un nouvel équilibre s’établit, mais celui-ci se produit à un niveau de température sensiblement plus élevé. 

Bref, cela fait longtemps que tout cela est connu. Cela fait longtemps que l'on sait mesurer, avec une précision de plus en plus grande, la concentration de chaque gaz dans l'atmosphère ainsi que leur potentiel de réchauffement global. (Pour en savoir plus, voir: L'effet de serre, c'est quoi?)






Suggestions de lecture

Vivre les changements climatiques: Réagir pour l'avenir

de Claude Villeneuve
et François Richard

Suggestions de lecture
Les changements climatiques qui se font sentir sur toute la planète sont là pour rester. D’où viennent-ils ? Quelles en sont les conséquences et la portée ? Comment s’y adapter ? Quelles actions entreprendre pour en réduire l’ampleur ? Vivre les changements climatiques. Réagir pour l’avenir livre à la fois les explications de base pour comprendre le problème et les plus récentes informations sur le phénomène.

Il est désormais reconnu que le réchauffement du climat est occasionné par les humains en raison de l’augmentation de la population mondiale et de l’activité économique pratiquée sans souci de l’environnement.

Mais, cette corrélation n’est pas immuable, expliquent les auteurs de ce livre : l’émergence de nouvelles technologies, des incitations économiques et légales, et même les gestes et les choix des citoyens peuvent contribuer significativement à modifier son intensité.

Cette troisième édition de Vivre les changements climatiques a été considérablement revue et augmentée pour tenir compte des données et des événements les plus récents, entre autres du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).

Claude Villeneuve est biologiste, professeur, chercheur et directeur de la Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi.



HOT AIR; Meeting Canada's Climate Change Challenge
de Jeffrey Simpson, Mark Jaccard et Nic Rivers


Voici un ouvrage clair et crédible pour les Canadiens soucieux de comprendre le dossier des changements climatiques dans le contexte canadien- et qui offre des solutions.

Excellent travail de collaboration entre un des plus grands experts au Canada sur l'environnement, Mark Jaccard, Nic Rivers, un chercheur qui travaille avec lui à l'Université Simon Fraser et Jeffrey Simpson, le très respecté journaliste du Globe and Mail, qui livre le tout dans un message clair et sans complaisance.

Ce livre débute par une description de la menace climatique pour le Canada. Puis il explique comment les Canadiens ont été endormis par leurs politiciens ( "On s'en occupe") et certains de leurs industriels ( «les choses ne sont pas si pire, des lignes directrices volontaires sont suffisantes"). Tout cela, bien entendu, renforce les mythes que de nouvelles politiques énergiques ne sont pas nécessaires.

Hot Air expose ensuite en termes facilement compréhensibles, des politiques très simples que le Canada pourrait adopter tout de suite afin de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. Il montre même comment ces politiques pourrait être conçues pour avoir un minimum d'effets négatifs.

Avec l'exemple d'autres pays qui s'attaquent avec succès aux changements climatiques, Hot Air montre pourquoi ces dernières, selon les auteurs, sont les seules politiques qui fonctionnent - et pourquoi il est urgent d'agir.

(Livre en anglais seulement)