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2. Quelques degrés de plus, et puis après...


On entend parler fréquemment de changements climatiques, du réchauffement de la planète, et de plus en plus les médias présentent chaque soubresaut de la nature comme une conséquence de ces dérèglements atmosphériques. Enflure médiatique comme celle du bogue de l'an 2000 ou menace réelle? Qu'est-ce que quelques petits degrés de plus peuvent bien changer, après tout? À vrai dire, beaucoup!



On a bien raison de se méfier des médias et de leur tendance à amplifier et dramatiser les situations afin de capter une audience lucrative. Mais que disent les scientifiques spécialistes de la question?

À la recherche de la vérité...

Il y a rarement unanimité dans le domaine de la science. C'est le propre des scientifiques de remettre en cause constamment les théories et les hypothèses avancées afin de repousser les frontières de la connaissance.

Et les débats sont continuels. En effet, la démarche scientifique appelle au débat et à la revue par les pairs, avant même publication, de tout article proposant un raisonnement, une interprétation ou une conclusion qui diffère le moindrement du point de vue consensuel de l'époque. Et les combats d'opinions sont parfois épiques!
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Aussi, rarement a-t-on vu un consensus aussi grand autour d'un sujet brûlant d'actualité. Corécipiendaire du prix Nobel de la paix 2007, le GIEC, Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, a accompli une tâche gigantesque [1] : établir un consensus scientifique sur l'état des connaissances et de la situation en matière de changements climatiques, et ce, à partir d'une revue exhaustive des travaux et articles récents publiés par des scientifiques reconnus à travers le monde.


Des scientifiques à barbichette?

2.  Quelques degrés de plus, et puis après...
Mais qui sont-ils et comment ont-ils pu réaliser cet exploit? Disons d'abord que le GIEC est composé de représentants de l'ensemble des pays membres des Nations-Unis, à quelques exceptions près. C'est à chaque pays qu'il revient de suggérer le nom de ses meilleurs scientifiques, afin de constituer une équipe d'experts internationaux en matière de changements climatiques. Eh non, le professeur Tournesol ne fait pas partie du groupe...

Les scientifiques retenus ont été choisis pour leur renommée et leur expertise dans des champs de connaissance bien spécifiques. On y retrouve, entre autres, des astronomes et astrophysiciens (spécialistes de l'activité solaire, des variations de l'orbite terrestre et de la composition des atmosphères des planètes), des paléontologues, des géologues et des océanographes (pour leur compréhension du comportement et de l'évolution de la vie, de la lithosphère et des océans), des biogéochimistes, des biologistes et des agronomes (experts des cycles chimiques - carbone, oxygène, ozone, etc.-, de la flore, de la faune et des cycles de culture), des physiciens, des paléoclimatologues et des météorologues (spécialistes en datation radiométrique ou en développement de modèles climatiques).

Bref, nous n'avons pas affaire à une ou deux douzaines de scientifiques marginaux et originaux. Il s'agit plutôt d'une équipe multidisciplinaire des meilleurs scientifiques, nommés afin de représenter leur discipline et leur pays, des scientifiques capables d'examiner, de critiquer et de synthétiser tout ce qui a été publié récemment dans la littérature scientifique sur le sujet de l'évolution du climat [2]. Le GIEC ne produit pas de recherche. Ses scientifiques ont plutôt passé en revue les articles parus au cours des dernières années dans les publications scientifiques sérieuses, c'est-à-dire des revues qui ont déjà des comités de lecture constitués de pairs, soit d'autres scientifiques qui s'assurent que les études publiées rencontrent un minimum de critères de qualité quant à la méthodologie retenue, la rigueur de leur démarche et la qualité des données utilisées.


Approuvé à l'unanimité! ...

2.  Quelques degrés de plus, et puis après...
Le quatrième rapport publié au printemps 2007 a mis à contribution plus de 2500 experts scientifiques accrédités par les gouvernements de 130 pays différents. Le premier groupe de travail a produit une synthèse des connaissances scientifiques de plus de 987 pages, rédigée par 152 auteurs principaux, assistés par 400 collègues scientifiques qui ont dû écrire trois versions successives pour établir ce consensus, afin de tenir compte de 30 000 commentaires écrits fournis par plus de 600 experts réviseurs. Pointilleux ces scientifiques! Et on ne parle ici que du tome du premier groupe de travail portant sur les éléments scientifiques et techniques. Il y a eu trois tomes publiés en 2007, totalisant près de 3 000 pages [3]. Les rapports du GIEC constituent donc la synthèse la plus complète sur le sujet et le processus de revue par les pairs le plus exhaustif jamais réalisé (impliquant 2500 experts et scientifiques, plutôt que de 2 à 5 membres, habituellement, dans les comités de lecture des revues spécialisées).

Fait important à noter, ces rapports du GIEC ont tous été approuvés par l'assemblée des pays membres, et ce, à l'unanimité. Cela cependant ne signifie pas que tous les scientifiques s'entendent sur tout. On parle ici d'un fort consensus, c'est-à-dire d'un point de vue très largement majoritaire. Il reste évidemment plusieurs points de discussion, des questions à approfondir, des précisions à apporter. Mais sur l'ensemble des grandes conclusions, on s'entend. Enfin, il demeurera toujours certaines gens qui, bien qu'isolés, continuent de nier l'existence des changements climatiques ou le rôle prépondérant de l'activité humaine dans ces perturbations, semant le doute, au bénéfice de ceux qui sont réfractaires aux changements. Certains des "climatosceptiques" prétendent que d'autres facteurs que l'activité humaine expliquent les changements climatiques observés, l'activité solaire par exemple. Est-ce que le soleil joue un rôle, est-ce que certains phénomènes naturels affectent le climat? Définitivement oui! Mais selon le très fort consensus de la communauté scientifique internationale, lorsque l'on mesure et pondère le rôle joué respectivement par chacun des facteurs naturels, on doit conclure que l'activité humaine joue un rôle nettement prépondérant. Une simple lecture des textes du premier tome concernant la base scientifique, ou du rapport de synthèse, nous permet de réaliser qu'il ne s'agit pas d'un jugement à l'emporte-pièce.

Une entreprise d’une telle ampleur, comportant la revue de milliers d’articles scientifiques et impliquant jusqu’à 2 500 experts des quatre coins de la planète, malgré toute la rigueur que l’on souhaite, ne peut garantir qu’il ne s’y glissera aucune erreur. Il serait utopique de croire que toutes les études scientifiques citées sont à l’abri d’inexactitudes, de mauvaises interprétations et que tous et chacun des scientifiques, rédacteurs et réviseurs impliqués dans la rédaction des trois rapports ont fait un travail absolument impeccable. Il est également prévisible que, dans une atmosphère parfois survoltée, les débats entre climatosceptiques et la communauté scientifique qui travaille à démontrer et expliquer les changements climatiques ont pu donner lieu, à l'occasion, à des exagérations et des excès d'enthousiasme de part et d'autre. Il faut donc rester vigilant et conserver un esprit critique. Personne n'a le monopole de la vérité et la science continue de progresser constamment.

Cependant, il faudrait également se garder de conclure que, si deux ou trois erreurs de fait ou d’interprétation concernant certaines études particulières et provenant de certains scientifiques devaient apparaître, l’ensemble du travail et des conclusions s’en trouverait remis en cause. Car, l’ensemble des évidences supportant les grandes conclusions du GIEC ne repose pas sur une demi-douzaine d’études ou sur le travail ou les déclarations d’une poignée de scientifiques. Ces conclusions reposent sur le travail de plusieurs centaines d’équipes de scientifiques à travers le monde.

La lecture des rapports du GIEC permet d'apprécier l'approche fort pondérée et mesurée de la communauté scientifique. Mais devant des données qui inquiètent, qui ébranlent nos convictions et qui dérangent nos habitudes de vie, certains préfèrent parfois de ne pas y croire!
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2.  Quelques degrés de plus, et puis après...
Depuis le premier rapport du GIEC paru en 1990, une constante demeure: les changements climatiques se confirment et s'intensifient, les causes se précisent au fur et à mesure que les connaissances grandissent et les incertitudes se dissipent peu à peu, bien qu'il en demeure.

Ainsi, la signature du protocole de Kyoto, en 1997, s'est faite suite à la publication du second rapport du GIEC. On y concluait "qu'un faisceau d'éléments suggère qu'il y a une influence perceptible de l'homme sur le climat global" [4]. Le troisième rapport, publié en 2001, concluait que "de nouvelles preuves, mieux étayées que par le passé, viennent confirmer que la majeure partie du réchauffement observé ces 50 dernières années est imputable aux activités humaines" [5].

Le dernier rapport précise que " l'essentiel de l'élévation de la température moyenne du globe observée depuis le milieu du XXe siècle est très probablement attribuable à la hausse des concentrations de GES anthropiques" [6], c'est-à-dire causées par l'homme. Ces conclusions ont d'ailleurs été reprises par chacune des Académies des sciences des pays membres du G8, en plus de celle de Chine, de l'Inde et du Brésil. [7] Et selon le GIEC, les principaux scénarios retenus de réchauffement climatique d'ici la fin du siècle font état de hausses à l'intérieur de fourchettes allant de 1,1 à 6,4 degrés Celsius [8].


Le réchauffement que l'on vit depuis plus de 150 ans se confirme tant au niveau des températures globales de l'atmosphère, qu'au niveau de la hausse du niveau des océans (dû à l'expansion thermique), et de la diminution de la couverture de neige, comme on peut le voir aux graphiques ci-haut à droite (pointez l'image et cliquez pour grossir) [9]. La fonte des glaciers, comme celle du glacier MUIR, en Alaska (voir photos ci-après prises le 13 août 1941 et le 31 août 2004), s'accélère depuis plusieurs décennies.S'il est encore possible de fermer les yeux et de tenter d'ignorer la situation, il devient impossible de la nier, objectivement.
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Et pour quelques degrés de plus...

2.  Quelques degrés de plus, et puis après...
Mais encore, qu'est-ce que quelques degrés de plus peuvent bien changer? Les chiffres peuvent paraître bien faibles, mais c'est trompeur! Disons d'abord qu'on ne parle pas de 2 ou 4 degrés de plus un beau jour de juillet, à un endroit en particulier comme dans les Laurentides ou dans les Alpes, sur le bord d'un lac et auxquels on peut facilement s'accommoder. Il s'agit d'augmentation de température moyenne permanente pour tous les jours et les nuits de l'année, à la grandeur de la planète.

Comme il s'agit d'une moyenne, en certains endroits et à certains moments ce sera beaucoup plus ou moins chaud. Mais les conséquences se feront sentir où que l'on soit sur la planète même si certaines régions seront plus affectées, comme on peut le voir à gauche.[10] Et on parle d'augmentation de température d'une ampleur qui modifiera non seulement la végétation, la vie du monde animal, des insectes, mais également l'agriculture, la quantité de pluie reçue, le niveau des cours d'eau et des nappes phréatiques, la fréquence des feux de forêts, le niveau des océans.

Avec cette hausse des températures viendra, inévitablement, une augmentation des anomalies et des phénomènes météo extrêmes, nous préviennent les scientifiques. Sécheresses prolongées en certains endroits, pluies diluviennes ailleurs, intensification des ouragans, vagues de chaleur intenses. Là-dessus, le rapport du second groupe de travail du GIEC portant sur les conséquences, l'adaptation et la vulnérabilité est très clair.


2.  Quelques degrés de plus, et puis après...
Il y a toujours eu des phénomènes de météo extrême. Ceux qui sont familiers avec les statistiques, les distributions et les probabilités comprendront que toute augmentation sensible des températures moyennes entraînera non seulement des périodes de chaleur encore plus élevée (la pointe à l'extrémité droite du graphique se déplace encore plus à droite, donc à des niveaux de températures encore plus chaudes), mais également et surtout une hausse beaucoup plus grande de la fréquence des épisodes de chaleur extrême (sur l'axe vertical), avec tout ce que cela comporte [11].

Pour mettre les choses en perspective, il a déjà fait 5-6 petits degrés de moins sur la planète. C'était il y a 20 000 ans. Si nous avions vécu à Montréal à cette époque, nous aurions au-dessus de notre tête quelques kilomètres de glace! C'était lors de la dernière ère glaciaire [12]. Il faisait alors un peu moins de 9 degrés en moyenne sur la planète plutôt qu'un peu plus de 14 degrés C de nos jours.


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Selon Hervé Le Treut, membre de l'Académie des sciences, Directeur de recherche au CNRS ainsi que du Laboratoire de météorologie dynamique et membre du Comité scientifique du Programme climatique mondial, "modifier le climat de quelques degrés comme on s'apprête à le faire, ça nous renvoie, en termes d'amplitude des perturbations, à ce qui a pu accompagner le passage d'une ère glaciaire à une ère interglaciaire". [13]

"Si les projections qui indiquent un réchauffement d'environ 5 degrés C pour le siècle actuel se réalisaient (limite supérieure de la fourchette), c'est que la Terre aurait subi le même réchauffement qu'à la fin de la dernière période glaciaire", précise le dernier rapport du GIEC.[14]

Changement de climat radical pour seulement 5 petits degrés de moins il y a 20 000 ans, n'est-ce pas? Et maintenant, imaginons 3 à 5 degrés de plus! Les médias n'ont sans doute pas fini d'en parler...

Si l'existence ainsi que les causes principales des changements climatiques font l'objet d'un fort consensus scientifique, les projections des modèles climatiques seront appelées à être précisées dans les années à venir pour ce qui est de l'amplitude et de la rapidité du réchauffement en cours.

Mais par prévoyance, n'attendons pas les bras croisés; il est encore temps d'éviter les scénarios les plus sombres que certains anticipent!



Pour en savoir plus...

Pour en savoir plus sur les changements climatiques, voir le vidéo de Jean JOUZEL, Directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace, qui brosse un survol rapide de la situation. Disponible sur le site du CEA.fr - Jean Jouzel: Le climat sous haute surveillance




Réal Trépanier

© 2009 Impact: Changements climatiques



RÉFÉRENCES: pour en savoir plus sur le sujet...


[1] Illustration et commentaire tirés de la présentation de Ms Carola Saibante Traverso, Information and Communication Officer of the IPCC, An introduction to the IPCC disponible sur le site du GIEC/IPPC Introduction to the IPCC, 2008
[2] Voir à ce sujet le texte de Sandrine Bony, Jean-Yves Grandpeix, Jean-Louis Dufresne, Rémy Roca, Qu’est-ce que le GIEC? Publié sur TV5 Monde, TV5, Quest-ce-que-le GIEC?
[3] Tiré de la présentation de Sir John Houghton’s, Presentations on the evolution of climate change science as reflected in IPCC Reports, du 31 August 2008, Geneva disponible sur le site du GIEC/IPCC
The Physical Science Basis - 20 Years of IPCC Working Group I Assessment. Voir également, sur le site de l'organisation américaince Union of Concerned Scientists, THE IPCC: WHO ARE THEY AND WHY DO THEIR CLIMATE REPORTS MATTER, disponible au UCS USA Global warming / science and impacts
[4] GIEC (1995). RÉSUMÉ À L’INTENTION DES DÉCIDEURS : ASPECTS SCIENTIFIQUE DE L'ÉVOLUTION DU CLIMAT, Deuxième rapport d’évaluation du GIEC, p.22. Disponible au Seconde évaluation du GIEC - Changement de climat 1995
[5] GIEC 2001, Résumé à l’intention des décideurs - Bilan 2001 des changements climatiques : Les éléments scientifiques. Troisième rapport d’évaluation du GIEC, p.11, disponible au Bilan 2001
des changements climatiques :Les éléments scientifiques

[6] GIEC, 2007 : Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des Groupes de travail I, II et III au quatrième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [Équipe de rédaction principale, Pachauri, R.K. et Reisinger, A. (publié sous la direction de~)]. GIEC, Genève, Suisse, …, p.39 . Disponible au
Changements Climatiques 2007 - Rapport de synthèse
[7] The Royal Society, (The national academy of science of the UK and the Commonwealth) , Annonce du Joint science academies’ statement, disponible au www.nationalacademies.org.
[8] GIEC (2007), Quatrième rapport d’évaluation, Résumé technique – Groupe de travail 1 : The physical science basis. p. 70
[9] GIEC, 2007 : Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des Groupes de travail I, II et III au quatrième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [Équipe de rédaction principale, Pachauri, R.K. et Reisinger, A. (publié sous la direction de~)]. GIEC, Genève, Suisse, …, p.13 . Disponible au
Changements Climatiques 2007 - Rapport de synthèse
[10] Tiré de la présentation de Sir John Houghton’s, Presentations on the evolution of climate change science as reflected in IPCC Reports, du 31 August 2008, Geneva disponible sur le site du GIEC/IPCC
The Physical Science Basis - 20 Years of IPCC Working Group I Assessment
[11] SOLOMON S. et al. (2007) Climate Change 2007 The Physycal Science Basis – Frequently Asked Questions and Selected Technical Summary Boxes. GIEC/IPCC Working Group I. p.30 Disponible sur le site du GIEC au
Climate Change 2007:The Physical Science Basis -FAQ
[12] Voir à ce sujet, du CANADIAN GEOGRAPHIC, L’Atlas canadien en ligne, disponible sur le site CANADIAN GEOGRAPHIC L'Atlas canadien en ligne
[13] Le Treut, H. et Courtejoie E. (2006). Climat et météo. Extrait de l’émission radiophonique disponible au CanalAcademie.com Pour écouter l’intégrité de l’émission,
[14] GIEC (2007), QUESTIONS FRÉQUENTES, Question 6,2 : Le changement climatique actuel est-il inhabituel par rapport aux changements qui se sont produits sur Terre de par le passé ? Disponible sur le site Rapport du GIEC 2007, Questions fréquentes , p.124




Crédit-photo:


i. Illustration tirée de la présentation de Ms Carola Saibante Traverso, Information and Communication Officer of the IPCC, An introduction to the IPCC disponible sur le site du GIEC/IPPC Introduction to the IPCC, 2008
ii. Photo tirée de l’annonce de la conférence « Alerte sur l’Arctique! » au Cœur des sciences, à l’UQAM; détail au http://www.uqam.ca/nouvelles/2008/08-170.htm
iii. Photos tirées de la présentation de Lucka Kajfež Bogataj, Climate Change is Real and Here, disponible sur le site du GIEC/IPPC Présentation: Climate Change is Real and Here (photos originalement prises par W.O. Field en 1941 et B.F.Molnia en 2004)
iv. Photo: http://www.photo-libre.fr








Real Trepanier
21 Janvier 2010


Nouveau commentaire :





Consensus scientifique:

Les organisations scientifiques mondiales se prononcent sur les changements climatiques:

Cliquez sur le titre pour voir un extrait de la position officielle




Où va le CO₂ qu'on émet?

CAPSULE-CLIMATIQUE:

Où va le CO₂ qu'on émet?
Les émissions de CO₂ dues aux énergies fossiles (9,1 Gt de carbone, ou 33,4 Gt de CO₂) et aux changements d'usage des terres (principalement la déforestation: 0,9 Gt de carbone, soit 3,3 Gt de CO₂) en 2010, excèdent largement la capacité d'absorption des écosystèmes. On estime que les océans ont été en mesure d'en absorber 24%, la végétation environ 26%, de sorte que 50% des émissions sont venus gonfler la concentration de CO₂ dans l'atmosphère, à plus de 389,6 ppm, accentuant ainsi l'effet de serre. Source: Global Carbon Project (disponible ici...)


Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Oui, définitivement. Il est à son niveau le plus élevé depuis 650 000 ans... Voyez par vous-même!

Le niveau de CO₂ dans l'atmosphère est-il vraiment plus élevé qu'avant?
L'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre (GES) depuis le début de l'ère industrielle explique de façon prépondérante la hausse de température observée et prévue. Jamais au cours des derniers 650 000 ans, comme l'indique la courbe en rouge du graphique ci-dessus, la concentration de CO₂ n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, confirmait le GIEC.  Il en est de même pour les autres GES comme le méthane (CH4 , courbe bleue) ou l'oxyde nitreux (N2O , courbe verte ci-dessus).

Cette concentration de CO₂ atteignait 390 ppm en novembre 2011, un niveau record. Elle était à moins de 280 ppm au début de l'ère industrielle. Elle est mesurée à plusieurs endroits dans le monde depuis le début des années 1960, dont au Laboratoire du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à Mauna Loa, Hawaï. Les données historiques plus lointaines sont tirées, pour leurs parts, de l'analyse des carottes de glace (voir à ce sujet: La Terre se réchauffe-t-elle vraiment? Comment savoir?)






L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?

CAPSULE-CLIMATIQUE:



Absolument pas. C'était déjà connu du temps de votre grand-père et de votre arrière grand-père!

En fait, c'est à l'astronome britannique William Herschel (1738-1822), en 1800, que l'on doit la découverte des rayons infrarouges, ces rayons électromagnétiques d'une longueur d'onde supérieure à la lumière visible, mais un peu plus courte que celle des micro-ondes (utilisés dans votre four à micro-ondes). Les rayons infrarouges sont également souvent associés à la chaleur; (c'est d'ailleurs selon ce principe que fonctionnent la plupart des détecteurs de mouvement dans les systèmes d'alarmes ou dans les lumières de sécurité).

La vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, le fameux CO2, ont quant à eux été identifiés comme les principaux responsables de l'effet de serre par John Tyndall (1820-1893), en 1861, car ils avaient la capacité de bloquer les rayons infrarouges au niveau de l'atmosphère, ce qui a pour effet d'y retenir la chaleur.  Il suggérait même, déjà à l'époque, qu'un changement dans la composition de l'atmosphère pourrait influencer l'évolution du climat (1)



L'augmentation des GES causent le réchauffement climatique : une «nouvelle théorie» ?


Donc, ce n’est pas d’hier que l’on a identifié le CO₂ comme une menace à l’équilibre climatique. D'ailleurs, dès 1896 un Suédois, Svante Arrhenius (1859-1927) , prix Nobel de chimie, estimait qu’un doublement de la concentration de CO₂ entraînerait vraisemblablement une hausse des températures de 1,5 à 5 o(2). Il reconnaissait déjà le fait que d’augmenter la concentration d’un gaz à effet de serre, en réchauffant l’atmosphère, enclencherait une série de réactions, dont une hausse de l’évaporation des masses d’eau. 

Cette augmentation de la quantité de vapeur d’eau, en amplifiant l’effet de serre, accélérerait davantage le réchauffement, entraînant encore plus d’évaporation et encore plus d’effet de serre (réaction en boucle), surmultipliant ainsi l’effet initial dans divers mécanismes de rétroaction. Heureusement, il ne s’agit pas d’une boucle sans fin, car l’évaporation entraînant un accroissement de la formation et de la densité des nuages, elle provoque ainsi un écran pour les rayons solaires, moins nombreux à réchauffer le sol. Ainsi, un nouvel équilibre s’établit, mais celui-ci se produit à un niveau de température sensiblement plus élevé. 

Bref, cela fait longtemps que tout cela est connu. Cela fait longtemps que l'on sait mesurer, avec une précision de plus en plus grande, la concentration de chaque gaz dans l'atmosphère ainsi que leur potentiel de réchauffement global. (Pour en savoir plus, voir: L'effet de serre, c'est quoi?)






Suggestions de lecture

Vivre les changements climatiques: Réagir pour l'avenir

de Claude Villeneuve
et François Richard

Suggestions de lecture
Les changements climatiques qui se font sentir sur toute la planète sont là pour rester. D’où viennent-ils ? Quelles en sont les conséquences et la portée ? Comment s’y adapter ? Quelles actions entreprendre pour en réduire l’ampleur ? Vivre les changements climatiques. Réagir pour l’avenir livre à la fois les explications de base pour comprendre le problème et les plus récentes informations sur le phénomène.

Il est désormais reconnu que le réchauffement du climat est occasionné par les humains en raison de l’augmentation de la population mondiale et de l’activité économique pratiquée sans souci de l’environnement.

Mais, cette corrélation n’est pas immuable, expliquent les auteurs de ce livre : l’émergence de nouvelles technologies, des incitations économiques et légales, et même les gestes et les choix des citoyens peuvent contribuer significativement à modifier son intensité.

Cette troisième édition de Vivre les changements climatiques a été considérablement revue et augmentée pour tenir compte des données et des événements les plus récents, entre autres du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).

Claude Villeneuve est biologiste, professeur, chercheur et directeur de la Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi.



HOT AIR; Meeting Canada's Climate Change Challenge
de Jeffrey Simpson, Mark Jaccard et Nic Rivers


Voici un ouvrage clair et crédible pour les Canadiens soucieux de comprendre le dossier des changements climatiques dans le contexte canadien- et qui offre des solutions.

Excellent travail de collaboration entre un des plus grands experts au Canada sur l'environnement, Mark Jaccard, Nic Rivers, un chercheur qui travaille avec lui à l'Université Simon Fraser et Jeffrey Simpson, le très respecté journaliste du Globe and Mail, qui livre le tout dans un message clair et sans complaisance.

Ce livre débute par une description de la menace climatique pour le Canada. Puis il explique comment les Canadiens ont été endormis par leurs politiciens ( "On s'en occupe") et certains de leurs industriels ( «les choses ne sont pas si pire, des lignes directrices volontaires sont suffisantes"). Tout cela, bien entendu, renforce les mythes que de nouvelles politiques énergiques ne sont pas nécessaires.

Hot Air expose ensuite en termes facilement compréhensibles, des politiques très simples que le Canada pourrait adopter tout de suite afin de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies. Il montre même comment ces politiques pourrait être conçues pour avoir un minimum d'effets négatifs.

Avec l'exemple d'autres pays qui s'attaquent avec succès aux changements climatiques, Hot Air montre pourquoi ces dernières, selon les auteurs, sont les seules politiques qui fonctionnent - et pourquoi il est urgent d'agir.

(Livre en anglais seulement)